EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

1 aéroport international par archipel : la folie des grandeurs de retour ? – Edito 25/01/2018

« Votre attention s’il vous plaît, l’Aéroport de Paris Charles de Gaulle appelle les passagers du vol TN69 à destination de … Rapa à se rendre en porte E30. Merci et bon voyage »

Je me suis dit que peut-être en l’entendant de cette manière ça vous paraîtrait encore plus surréaliste que les effets d’annonce. Hier notre rédaction publiait en effet une interview d’Edouard Fritch où il nous apprenait qu’il allait rajouter au programme du Tapura le fait que chaque archipel soit doté d’un aéroport international. Comment vous dire ?… Bon je vais m’y coller quand même. Et bien j’ai l’impression – et je pense que je ne suis pas le seul – de réentendre la même chanson en boucle depuis des années. Le président aura quand même fait la précision suivante, je le cite « Construire un aéroport pour construire un aéroport et ne pas avoir de trafic car il n’y a rien à y faire ce n’est pas raisonnable. (…) Il faut trouver un équilibre économique autour de ces projets », fin de citation.

Monsieur le Président, je ne voudrais surtout pas me substituer à vos sans doutes excellentissimes conseillers en com’, toutefois malgré mon capital sympathie à votre égard je ne saurais que trop vous inviter à ne surtout pas vous laissez piéger par d’anciens réflexes appris ailleurs, à une autre époque. Je sais bien que c’est dur de lutter contre ses vieux démons quand on a sans aucun doute avec une bienveillance sincère la viscérale envie de fédérer pour gagner. Mais cette étude que vous applelez de vos vœux pour pouvoir construire un aéroport international dans les 4 autres archipels : ne dépensez pas trop de deniers publics pour la réaliser. Car à mon humble avis j’ai bien peur qu’avec beaucoup de verbiage elle finisse par dire ce qui suit …

Ainsi, pour qu’un aéroport soit dit international, il faut qu’il puisse être atteint par des vols qui viennent de pays étrangers. Comme on ne va tout miser chichement sur les îles Cook, ou les Samoa américaines juste pour pouvoir se dire « international », c’est qu’on va donc essayer de taper en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux USA, etc. Peu de chance qu’on assure les lignes avec des ATR42, il s’agira donc de gros porteurs avec au moins 250 places à bord. Où on les met quand ils arrivent ? Où on les fait manger ? Qu’est-ce qu’on leur fait faire ? C’est pas comme si on ne voulait pas que les avions soient remplis quand ils arrivent par peur de trop dérangement. On a mis 50 ans à avoir un taux de remplissage correct qui équilibre les coûts sur les vols à destination de Tahiti, alors je veux bien qu’on ait une vision sur le long, voire le très long terme, mais avant de penser à accueillir des gros porteurs en dépensant des milliards en infrastructures, qu’on nous promette plutôt de plancher sur une meilleure desserte aérienne inter-îles à coûts raisonnables. Si je veux partir vendredi à Nuku Hiva avec un retour lundi j’ai fait une simulation j’en aurai pour 62 000Fcp, soit quasiment autant que pour aller et revenir de Los Angeles maintenant que la concurrence va faire rage.

On va donc peut-être commencer par rationaliser les bases non ?

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2 Commentaires

  1. Chaval
    26 janvier 2018 à 5h38 — Répondre

    Et oui, c’est la folie des grandeurs, pas un brin de réflexion avant d’annoncer de telles énormités. Les présidents du pays se prennent pour de grands chef d’Etat, 250.000 habitants, une petite ville de métropole, une compagnie aérienne de cinq avions A 340, on va vers le Dreamliner Boeing, ok, mais la concurrence va nous obliger à revoir nos tarifs que ce soit à ATN ou à Air France, alors vouloir un aéroport international dans chaque archipel c’est une aberration, notre président voudrait-il faire comme la grenouille qui voulait être aussi grosse que le boeuf ? Un peu de modestie svp, n’y a t-il pas plus urgent de construire des logements corrects pour nos malheureux qui vivent dans des favellas plutôt que le dilapider en rêves et utopies débiles ? Président redescendez de votre nuage, merci et oeuvrez pour les Polynésiens qui en ont besoin.

  2. cauchy
    26 janvier 2018 à 7h51 — Répondre

    bonjour,à mon avis c’est un camouflet, pour un blanchiment d’argent, les études vont couter des milliards et il n’y aura jamais d’aéroport, et ou passera l’argent des études? notre président est un homme intelligent je ne pense pas un instant qu’il ai envie d’amener ses projets à terme.

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