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223 milliards de dépenses : l’État « s’investit en Polynésie »… Et veut le faire savoir

Avec 222,8 milliards de francs mobilisés en 2024, les dépenses de l’État en Polynésie française sont en hausse de 6 % sur un an. Le Haut-commissaire Éric Spitz insiste sur  « l’engagement » de la France dans des domaines essentiels, tels que la sécurité, la justice ou l’enseignement, mais sur le soutien apportés à l’exercice des compétences propres du Pays telles que la santé, le logement, l’emploi, les infrastructures ou l’énergie… Un engagement sur lequel le Haussariat, à l’heure où le Tavini réclame à corps et à cri un débat sur la souveraineté, veut largement communiquer : une brochure détaillant ces dépenses va être éditée en français et en reo à 20 000 exemplaires et distribuée dans tous les archipels.

Grand-messe des chiffres au Haut-commissariat ce mardi. Comme tous les ans, les services de l’État ont détaillé les dépenses réalisées en Polynésie : 222,8 milliards de francs en 2024 contre 210,3 milliards en 2023. Un chiffre qui n’a cessé d’augmenter ces cinq dernières années (192,4 milliards en 2020), et qui croît donc de 6 % cette fois encore pour représenter près d’un tiers du PIB du pays. Une hausse attribuée, en autres, à des dépenses de personnel en augmentation, notamment du côté de l’armée et de la police nationale, dont les effectifs sont en nette croissance.

53% des fonctionnaires d’État mis à disposition du Pays

Sur des supports de communication destinés à l’affichage ou aux réseaux sociaux, la représentation de l’État Haut-commissariat développe certains des grands postes de dépense. 75,2 milliards de francs pour l’éducation, et notamment la rémunération des professeurs des écoles, collèges et lycées, 5,5 milliards d’aides aux infrastructures, auprès du Pays ou des communes, notamment pour les réfections de routes, de quais, de ponts ou d’aérodromes, un milliard dans la construction et la rénovation de logements, notamment sociaux, aux côtés de l’OPH… S’ajoutent des données en matière de sécurité – sur les opérations de sauvetage et de surveillance en mer, les contrôles d’alcoolémie ou les plans de paka.

Le message est clair : l’État intervient dans « tous les domaines » pour « améliorer le quotidien des Polynésiens ». Et pas seulement dans les compétences qui lui sont dévolues au titre du statut d’autonomie. Éric Spitz rappelle que sur les 10 800 agents de l’État travaillant au fenua, 53 % sont placés au service direct de la collectivité locale. « Ils lèvent les impôts, enseignent, soignent, ce sont des infirmiers d’État, des médecins d’État… Et toutes ces personnes, souvent hautement qualifiées, travaillent pour la Polynésie française », précise le Haut-commissaire.

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Nouveaux avions, nouveaux patrouilleurs

Autre rappel classique – mais pas forcément inutile – de ces présentations de chiffres annuelles : l’État n’encaisse que très peu de recettes au fenua. « Nous dépensons 222,8 milliards de francs et ne percevons qu’un peu plus d’un milliard de recettes, essentiellement des amendes ou des condamnations pénales, donc tout à fait marginales », précise le Haut-commissaire qui ajoute que l’État renonce même à des recettes fiscales de métropole, au travers les 14 milliards de francs défiscalisation nationale. Un mécanisme qui a permis en 2024 « de créer 300 emplois et d’en maintenir plus de 2 000″, assure-t-il.

Bref, Paris joue le jeu de la « solidarité nationale » au fenua et, à l’heure où le Tavini redouble d’efforts pour mettre en place un dialogue d’autodétermination avec l’État, le Haut-commissariat semble plus que jamais décidé à faire passer le message le plus largement possible. D’abord en se prêtant au jeu de la comparaison. En matière de dotation globale de fonctionnement des communes – 10,6 milliards de francs pour la Polynésie, qui s’ajoutent aux 10,8 milliards de la dotation d’autonomie destinée au Pays – chaque Polynésien bénéficie d’environ 34 000 francs, contre 20 000 francs en moyenne en métropole. Soit une aide communale 66 % plus élevée qu’en France hexagonale. Ensuite en communiquant à grande échelle : en plus des communiqués, dossiers de presse et publications sur les réseaux sociaux, pas moins de 20 000 brochures, en français et en reo Tahiti, vont être édités pour détailler, à Tahiti et dans tous les archipels, ces dépenses de l’État.

Des dépenses qui devraient continuer à croître, si l’on en croit Éric Spitz. Notamment du fait des nouveaux équipements de la base aérienne et de la base navale. « À mon arrivée, on avait un vieux Gardian et un vieux patrouilleur. En 2026, nous aurons deux patrouilleurs neufs et trois Falcon 50 », note le Haussaire. « Une augmentation du format des armées », synonyme de nouveaux personnels, de nouveaux logements à construire et de nouvelles prestations à commander auprès des entreprises polynésiennes. Les chiffres de 2025 pourraient être de nouveau être en hausse de 5%.

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