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26.000 Irakiens ont fui Mossoul-Ouest en dix jours

Mossoul (Irak) (AFP) – Quelque 26.000 civils ont fui la partie ouest de Mossoul au cours des dix premiers jours de l’opération lancée par les forces irakiennes pour en chasser les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui opposaient mercredi une « farouche » résistance.

Une reprise totale de Mossoul, le dernier grand fief de l’EI en Irak, porterait un coup très dur à cette organisation jihadiste responsable d’atrocités sur les territoires conquis en Irak et en Syrie voisine, mais également d’attentats sur d’autres continents.

Après la reconquête le 24 janvier des quartiers orientaux de cette ville coupée en deux par le fleuve Tigre, les forces irakiennes poussent toujours plus loin dans Mossoul-Ouest, mais les violents combats provoquent un exode grandissant des habitants, déjà très affaiblis par des pénuries en tout genre.

Les services de l’Etat ont « accueilli 26.000 personnes déplacées de Mossoul (ouest) au cours des dix derniers jours », a déclaré mercredi le ministre chargé des déplacés et des migrations Jassem Mohammed al-Jaff.

Ces déplacés ne représentent toutefois qu’une petite partie des quelque 750.000 habitants toujours présents dans la partie ouest de la deuxième ville d’Irak, selon les organisations humanitaires.

Les balles des tireurs embusqués représentent un danger significatif à Mossoul, a affirmé Kathy Bequary, la directrice de NYC Medics, un groupe apportant un secours d’urgence dans une clinique mobile aux abords de la deuxième ville d’Irak. 

« Nous avons affaire à de nombreuses blessures graves provoquées par des snipers », dit-elle à l’AFP.

« La plupart de nos patients sont des combattants, mais les civils sont également affectés. Il y a deux jours, nous avons soigné une famille –la mère, le père, le fils et la fille– qui tentait de fuir Mossoul et qui a été visée par des snipers », indique Mme Bequary.

« La fillette de cinq ans a été touchée au bassin. Elle était dans un état très, très critique », ajoute-t-elle.

– ‘Farouche résistance’ –

L’offensive pour la reprise de Mossoul-Ouest –la partie la plus densément peuplée de la ville– a débuté le 19 février. Elle s’inscrit dans le cadre d’une vaste opération de reconquête du dernier grand fief de l’EI en Irak lancée le 17 octobre par les forces irakiennes, appuyées par la coalition internationale antijihadistes sous commandement américain.

L’EI oppose une résistance féroce dans le sud-ouest de la ville, a affirmé mercredi à l’AFP un haut commandant des forces du contre-terrorisme (CTS).

Ces unités d’élite combattent pour la « reprise du quartier résidentiel d’al-Maamoun, considéré comme important pour le contrôle de la route de Bagdad et les quartiers environnants », a déclaré le général Abdel Ghani al-Assadi.

« La résistance » des jihadistes « est violente et farouche car ils défendent une ligne, et celle-ci est à mon avis la principale pour eux », a-t-il précisé.

Les combats dans al-Maamoun provoquent d’importants dégâts avec des maisons détruites et des rues défoncées. Le bilan des pertes humaines n’est pas connu.

L’EI s’était emparé de Mossoul en juin 2014 lors d’une offensive éclair lui ayant permis de contrôler de vastes territoires en Syrie et en Irak. Il a depuis perdu une grande partie de ces zones.

Selon des estimations américaines, il resterait quelque 2.000 jihadistes à Mossoul-Ouest. Ces combattants peuvent infliger de fortes pertes en recourant à leurs actions de guérilla habituelles, comme les explosions d’engins piégés et les attentats suicide.

Des habitants de Mossoul fuient les combats entre forces irakiennes et jihadistes de l'EI, le 28 février 2017
. © AFP

© AFP ARIS MESSINIS
Des habitants de Mossoul fuient les combats entre forces irakiennes et jihadistes de l’EI, le 28 février 2017

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