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30 ans de prison pour avoir violé son codétenu

La troisième session des assises s’est ouverte mardi matin sur l’affaire de viol entre codétenus à Nuutania. Un procès particulier où l’accusé et la victime ont deux profils similaires, tous les deux étant condamnés pour des agressions sexuelles sur mineurs. L’accusé, qui a reconnu depuis le début les faits, a été condamné à 30 ans de réclusion.

Les faits remontent à août 2014. L’accusé, Nathan, et sa victime, Hoanui, s’étaient retrouvés seuls dans leur cellule pendant que deux de leurs codétenus étaient sortis en promenade. L’accusé, alors âgé de 50 ans, avait interpellé son jeune codétenu en lui demandant de descendre du lit superposé. Il avait alors fermé la porte de la cellule à l’aide d’un tissu avant d’agripper Hoanui et de lui imposer un rapport sexuel. La victime ne s’était pas débattue. Hoanui avait d’ailleurs affirmé plus tard aux enquêteurs et devant la cour d’assises « avoir eu peur de Nathan » mais aussi que ses médicaments lui faisaient perdre ses forces. En effet, depuis 2011 le jeune homme de 20 ans était suivi pour des troubles psychologiques. Suite à son viol, Hoanui a été interné. Décrit comme « vulnérable, impressionnable, une proie pour les autres », Hoanui a été incarcéré en juin 2013 après avoir été condamné pour un viol sur mineur de 15 ans dans un centre d’accueil de St Amélie. La victime était arrivée le 1er août dans la cellule de Nathan après avoir demandé à y être transférer au motif que ses autres codétenus lui volaient ses affaires.

« Je l’ai forcé, il voulait pas »

De son côté, Nathan avait été condamné en 2003 à 15 ans de réclusion criminelle pour viol et agression sexuelle sur des mineurs. Régulièrement livré à lui-même dans la rue dès l’âge de 14 ans, Nathan avait lui-même été violé à de multiples reprises dans son enfance. Son profil psychologique démontre une « pédophilie particulièrement marqué avec des risques de récidive majeur ». Mardi, l’accusé a reconnu et affirmé que l’apparente jeunesse de Hoanui, qu’il croyait mineur, l’avait conduit à son geste : « je l’ai forcé, il voulait pas ». Dès son arrivé à Nuutania, Nathan avait d’ailleurs fait la demande d’être dans une cellule individuelle et de ne pas être mis en contact avec de jeunes hommes. C’est sur ce point que son avocate, Me Boulleret a appuyé sa plaidoirie, affirmant que si l’administration pénitentiaire avait répondu à sa demande, rien ne ce serait passé.

30 ans requis, 30 ans prononcés

Pour l’avocat général, Bernard Simier, « le risque zéro n’existe pas »  et ce n’est pas « le procès de l’administration pénitentiaire » qui doit être fait malgré le « problème réel » de la surpopulation carcérale. En aout 2014, au moment des faits, Nuutania comptait 407 détenus pour 165 places. « Que va-t-on faire de Nathan sans véritable moyen de mettre en œuvre un suivi socio judiciaire ? », a interrogé l’avocat général… Le ministère public a requis 30 ans de réclusion. Une peine que les jurés ont suivi. Peine attendue par l’accusé qui avait fait part, dès le début de l’enquête, de son désir de rester en prison…

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