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66 000 élèves sur les chemins de l’école

Malgré l’inquiétant bond du nombre de cas de coronavirus, les élèves polynésiens regagneront leurs écoles, collèges et lycées à partir de ce ce mardi. D’après les estimations du ministère de l’Éducation, ils seront plus de 51 000 à répondre à l’appel dans les établissements publics, et environ 14 000 dans le privé. 

Avant les enfants, les enseignants. La plupart des établissements scolaires du fenua ont organisé ce lundi une « pré-rentrée » pour leurs équipes pédagogiques. Comme au collège de Tipaerui ou celui de Faa’a, où la ministre de l’Éducation Christelle Lehartel s’est rendue, ce lundi matin. L’occasion d’encourager les enseignants avant cette rentrée rendue particulière par le contexte sanitaire . Malgré la détection de plusieurs dizaines de cas de Covid-19 ces derniers jours, les consignes n’ont pas, pour le moment, été revues. Situation verte, jaune ou rouge en fonction des suspicions ou des déclarations de cas dans les établissements… C’est le protocole déjà transmis en fin de semaine dernière qui devrait s’appliquer.  Cette journée a aussi été occasion de faire un point sur les chiffres de cette rentrée 2020.

300 élèves en moins dans le public

Les établissements publics tablent cette année sur la présence de 51 062 élèves, dont 28 518 en maternelle et en primaire et 22 544 autres en collège et lycée. Des chiffres en légère baisse (319 de moins qu’en 2019) : « les populations scolaires décroissent continuellement depuis plusieurs années, principalement du fait de la baisse de la natalité », explique la direction de l’éducation qui n’a, étrangement, pas tenu compte, dans son rapport de rentrée, des effectifs du privé. Et pourtant, le secteur pèse lourd au fenua : une vingtaine d’écoles primaires et maternelles, 9 collèges et 5 lycées, qui rassemblaient, en 2019 plus de 17% des élèves de 1er cycle et 26,8% de ceux du secondaire. On peut donc estimer que c’est, au total, environ 66 000 élèves qui s’apprêtent à sortir leurs manuels du placard. Pour les encadrer, les 283 établissements polynésiens emploient plus de 5 100 personnels : des enseignants – 3 700 en comptant les directeurs d’établissement, mais aussi du personnel technique, des adjoints d’éducation, psychologues ou infirmiers… Des équipes qui sont constituées à plus de 85% par du personnel d’État.

Plus d’élèves d’origine défavorisée dans le public

D’après les chiffres du ministère, plus de la moitié des élèves du secondaire appartiennent à une catégorie socio-professionnelle dite « défavorisée ». Et 48,9% des élèves de collèges et lycées bénéficient d’une bourse. « Pour soutenir les familles et participer aux besoins financiers, matériels des élèves, l’État et la Polynésie investissent 1,2 milliard de francs », assurent les autorités. À noter que la répartition des élèves originaires de milieux défavorisés est très inégale entre le public et le privé. Les collèges et lycées privés comptent ainsi 31,8% de boursiers contre 55,4% dans le public.

Plus de 90% de réussite aux examens

Confinement et annulation des épreuves écrites aidant, les admissions aux examens ont été particulièrement favorables l’année dernière. Ainsi 87% des inscrits au brevet ont obtenu le précieux sésame, soit 11 points de plus qu’en 2019. Les chiffres sont encore plus haut côté baccalauréat : 97% d’admis en filière générale (seuls 51 élèves sur les 1 248 inscrits n’ont pas été reçus), 93% en bac technologique et près de 90% en professionnel (contre 81% l’année dernière). Plus que de ces résultats, qui devraient retomber à un niveau plus classique cette année, le ministère se félicite de la proportion d’élèves ayant choisi de poursuivre leurs études. 2 774 élèves ayant fini leur terminale (soit près de 92% des effectifs) ont formulé au moins un vœu sur la plateforme Parcoursup’, et environ 80% d’entre eux ont obtenu au moins une proposition. Des chiffres « en constante augmentation », et qui « confortent notre confiance vigilante sur la qualité de l’orientation post-bac », précisent les autorités.

Un élève sur dix à l’internat

Toujours du côté des collèges et lycées, 70% des élèves choisissent la demi-pension contre près de 22% en régime d’externat. Les 8% restant fréquentent les internats : une proportion environ deux fois plus haute qu’au niveau national. De nouvelles structures pourraient faire gonfler les rangs des pensionnaires dans les prochaines années : un nouvel internat, celui du collège Henri Hiro et du lycée professionnel de Faa’a, doit être livré dès cette année. Des travaux doivent en outre démarrer pour l’internat d’Atuona dans les mois à venir, et des études doivent être lancées pour la construction du lycée de Moorea et de l’internat du Diadème, en plus de la poursuite de la rénovation du lycée Paul Gauguin.

Beaucoup moins d’ordinateurs qu’en métropole

Le ministère fait aussi un point sur le développement numérique dans les établissement de Polynésie, se félicitant que 52% des collèges et 60% des lycées soient désormais connectés à internet par fibre optique ou par le haut-débit. Des taux en augmentation – grâce à un partenariat entre l’Éducation et Onati – mais qui reste en-deça des niveaux observés en métropole. Même constat pour l’équipement en matériel informatique. Avec 13,7 ordinateurs pour 100 élèves, les écoles publiques polynésiennes se situent juste en dessous de la moyenne nationale (14 pour 100 élèves). Mais les collèges (21,4 ordinateurs pour 100 élèves au fenua contre 34 en métropole), lycées généraux (23,9 contre 43,9 au niveau national) et lycées professionnels (27 au fenua contre 62 en France) paraissent largement à la traîne.

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1 Commentaire

  1. Motook
    11 août 2020 à 7h50 — Répondre

    Il faut arrêter de parler de haut débit en Polynésie. Quand une connexion à 6 mégas théoriques coûte presque 10 000 balles par mois, on comprends que ce n’est pas demain que les particuliers auront accès au haut et très haut débit. Il suffit de regarder le rapport débit / prix ainsi que les débits maximum offert pour se rendre compte que le haut et très haut débit n’existent pas chez nous. En dessous de 100mbs, on ne peut décemment pas parler de haut débit.

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