EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

96% des français n’ont pas le travail dont ils rêvaient – Edito 30/01/2018

Je lisais hier sur le blog d’actus médias de Jean-Marc Morandini qu’un sondage réalisé par Qapa, une agence de recherche d’emploi, a révélé que 96% des Français n’ont pas le travail dont ils rêvaient.

La suite était assez édifiante, on apprenait ainsi que pour décrocher le job de leurs rêves, plus de sept Français sur 10, soit 76%, se disent capables d’écraser les autres. 72% disent pouvoir trahir, et 65% à affirment pouvoir mentir. Ils sont 36% à être prêt à avoir recours à une « promotion canapé ». Ce sont ainsi 49% des hommes qui sont prêts à coucher pour réussir, contre 22% chez les femmes.

Mais devinez ce que 2% des sondés ont dits être prêts à faire pour obtenir l’emploi idéal : à tuer. Et oui, à prendre une vie … C’est flippant.

Évidemment cette enquête n’est pas établie sur des critères statistiques et scientifiquement incontestables. Mais cela reste révélateur de l’état de frustration ambiante qui existe en Métropole car rien ne permet de décréter que les chiffres seraient les mêmes au Fenua. On bottera en touche en disant que manifestement les mentalités ne sont pas les mêmes, que règne chez nous le doux parfum de la convivialité et de l’entraide, que la jalousie reste derrière les portes d’entrée des entreprises ou des administrations.  Mais bien sûr, on compte là-dessus et on boit de l’eau …

Qu’on soit à 18 000km ou ici, c’est en fait partout pareil, le plus dur et d’accepter de se contenter de ce que l’on a, au moins un temps donné. Celui qui aura permis de s’illustrer avec brio dans l’activité qui nous était confiée avant de vouloir gravir les échelons. Car c’est bien beau d’avoir en perspective le job de ses rêves lorsque on le perçoit comme un dû et non pas comme quelque chose que l’on mérite. Je m’explique : ce n’est pas le tout de décréter ce que l’on veut, il faut démontrer les aptitudes pour l’obtenir. Manger son pain noir, être patient. Et bien souvent quelles sont ces facultés qui sont les plus flagrantes et que l’on remarque en premier ? Malheureusement celles qui consistent à jouer avec talent des coudes pour pousser, faire tomber et avancer, quand les autres ne se sont pas déjà pris les pieds dans les tranchées que l’on aura creusées à force d’avoir les dents longues.

Nous vivons dans une société où la réussite sociale ne s’imagine quasi exclusivement plus que sur la base de l’emprise que l’on aurait sur les autres plutôt que sur le partage des savoirs, des compétences, du mérite et des succès. J’ai malgré tout tendance à croire, peut être avec candeur, que l’individualisme comme modèle de prédilection ne fera pas long feu, car même s’il s’avère qu’il a encore de beaux jours devant lui, l’anoblissement de notre espèce ne peut se jouer qu’avec une prise de conscience et un effort collectif. L’élan commun a la vertu de tirer tout le monde vers le haut, au lieu de se tirer dans les pattes.

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2 Commentaires

  1. Pierre André
    1 février 2018 à 16h23 — Répondre

    Et toi Alexandre, as-tu le travail dont tu rêvais ?

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96% des français n’ont pas le travail dont ils rêvaient – Edito 30/01/2018