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Travaux, charte, navettes PMR… Le plan à 500 millions pour des transports accessibles


Pas assez de bus équipés, trop d’obstacles sur les quais, des normes mal connues ou pas respectés… Le Pays tire un constat alarmant de l’accessibilité du réseau de transport en commun tahitien. Et compte bien lui faire prendre un « tournant » vers l’inclusion des personnes à mobilité réduite. Parmi les premières actions du schéma présenté ce mardi, le réaménagement de plusieurs arrêts du Tere Tahiti, la diffusion d’une charte aux acteurs publics et privés, des campagnes de sensibilisation et même un service public du transport à la demande qui sera offert aux PMR d’ici 2027. 

Voilà un an que le Pays avait lancé une étude sur l’accessibilité du réseau de transport public tahitien aux personnes à mobilité réduite (PMR). Et le constat est sans appel. Sur 320 arrêts du Tere Tahiti analysés, 10% seulement sont praticables en fauteuil avec une assistance extérieure et aucun d’entre eux ne répond totalement aux règles d’accessibilité. Quais pas réhaussés, trottoirs trop étroits, présence d’obstacles sur les itinéraires d’approche, ou signalisation insuffisantes… À ces défauts d’équipement s’ajoutent des informations voyageurs qui ne doublent pas signaux sonores et visuels, et une flotte de bus qui n’est qu’en petite partie accessible : 25 véhicules sont équipés de rampes, soit 10% du parc, concentrés sur les lignes principales. C’est sur la base de ces constats que le gouvernement a mis sur pied et présenté ce matin un premier schéma de mise en accessibilité du réseau de transport en commun tahitien.

Un schéma de 9 orientations et 12 actions, dont la première phase implique le déblocage de quelques 478 millions de francs et la création, dans le budget du Pays 2026, d’un poste supplémentaire dans l’administration – en plus de référents dans certaines directions – pour piloter les opérations futures. Des dépenses largement mérités pour le ministre des Grands Travaux Jordy Chan, qui rappelle que, même si les statistiques manquent encore, « des milliers » de Polynésiens sont PMR ou « peuvent être amenés à le devenir », par accident ou sous l’effet de l’âge. À ses côtés, la vice-présidente en charge des Solidarités Minarii Galenon et la déléguée interministérielle au handicap assurent que ce schéma « n’est pas un effet d’annonce ». Nathalie Salmon-Hudry le rappelle : l’accessibilité des transports est identifiée depuis longtemps comme le « premier frein » à l’insertion des personnes en situation de handicap. Et les actions programmées marquent à son sens « un tournant » :

Chartes, chantiers…

Première mesure, annoncée pour la fin d’année, une charte de mise en accessibilité des transports doit être diffusée auprès des acteurs publics et privés impliqués dans l’aménagement ou l’exploitation des infrastructures de transport. Une façon de réduire les « erreurs de conception », trop fréquentes, et surtout le manque de respect de certaines règles existantes. Le gouvernement compte d’ailleurs lancer un programme de formation et de sensibilisation des architectes et maîtres d’œuvre, puis compléter la réglementation, et appliquer, à l’horizon 2028, des sanctions systématiques pour les contrevenants.

Le schéma prévoit aussi, dès cette fin d’année, le lancement de chantiers tout autour de Tahiti pour rendre certains arrêts de bus entièrement accessibles. Il s’agit d’identifier un arrêt dans chaque commune, et de réétudier son mobilier, son information, ses « cheminements » et de créer des aires de dépôts pour les minibus PMR. Dans la zone urbaine, et particulièrement le centre de Papeete, une dizaine d’arrêts supplémentaires seront « prioritairement » réaménagés – avec déplacement de poteaux, de barrières, de passage piéton, élargissement ou création de trottoir – pour créer des itinéraires entièrement accessibles et permettre aux PMR de rallier des sites importants (CPS, CHPF, centre commerciaux, aéroports…). Le gouvernement assure aussi que les prochaines commandes de bus seront cohérentes avec ce schéma : 8 nouveaux véhicules équipés de rampes doivent déjà être déployés dans le réseau Tere Tahiti en 2026.

… Et service public du transport à la demande

D’autres actions sont au programme, dont une campagne de sensibilisation grand public sur le handicap, l’amélioration de l’information aux voyageurs sur les arrêts… et même la création d’un  système de transport à la demande réservé aux PMR. Une idée déjà appliquée dans beaucoup d’autres territoires, et qui sera mise en test dès 2027, probablement avec une flotte de six navettes qui assureront le transport sur certaines plages horaires et dans certaines zones, notamment sur le « dernier kilomètre » entre les arrêts équipés et les montagnes ou vallées :

Le ministère des Grands travaux compte déléguer ce service à une société privée, soit par un système contrat d’affermage, ce qui représenterait un investissement de 132 millions de francs pour le Pays, soit par une concession, qui pourrait coûter 44 millions de francs par an en fonctionnement.

Une navette PMR à la demande à a Réunion. ©Mobinéo

 

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