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[MàJ] Sept corps évacués, une personne toujours recherchées pendant la nuit. Malgré des chances de plus en plus maigres de trouver des survivants dans les décombres de l’éboulement de Te Honu, les pompiers se sont équipés pour poursuivre leurs recherches de nuit et le Samu se tient prêt à leurs côtés. Leur crainte : des précipitations qui favoriseraient de nouveaux glissements de terrain, des « répliques » comme celle qui n’a, à la mi-journée, miraculeusement pas fait de blessés. Des drones et des « sonnettes » à terre sont prêts à donner l’alerte sur tout mouvement de terrain.
L’essentiel :
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Un « théâtre mouvant ». C’est le terme utilisé, du côté de la protection civile pour qualifier le terrain sur lequel les secouristes sont intervenus toute la journée de mercredi. Les pluies diluviennes de la semaine passée ont rendu les sols et les falaises très instables, un des facteurs évidents de l’impressionnant éboulement qui a emporté deux maisons à Te Honu. Dans ce contexte, la sécurisation des riverains – une trentaine de maisons ont été évacuées en amont et en aval de la falaise – et des « intervenants » est une « priorité », indique le colonel Olivier Lhote, directeur adjoint de la protection civile en Polynésie.
©Taiarapu Est
Surveillance depuis la terre et le ciel sur les mouvements de terrain
Un système de « sonnettes » a été mis en place : des surveillants sur terre et dans les airs, grâce à des drones qui se relaient au dessus du site, pour guetter les moindres mouvements de terrain… Mais c’est aussi la pluie, qui pourrait très rapidement rendre les sols et la paroi encore plus instable, qui est redoutée : « la météo peut changer très rapidement, et dans ce théâtre mouvant, la pluie peut devenir notre ennemi », explique le responsable, qui précise que le retour de précipitations pourrait obliger à suspendre les opérations.
Malgré ces précautions, et le relatif beau temps de ce mercredi, les opérations ne sont pas sans risque. Une importante « réplique » d’éboulement a interrompu pendant près de trois heures les opérations à la mi-journée et obligé les autorités à largement reculer leurs centres de commandement et de secours, leurs engins, ainsi qu’à élargir le périmètre. « Quand c’est tombé, on s’est compté, confie un intervenant alors sur place. On a eu beaucoup de chance de s’en sortir sans blessés ».
Une évacuation de corps en milieu d’après-midi. ©C.R.
200 mètres carrés, et des centaines de tonnes de terre
Sur la zone d’éboulement, mais surtout tout autour, plus d’une centaine de personnes s’affairent : 45 pompiers, venus de la Presqu’île mais aussi de la plupart des communes de la zone urbaine, en plus des équipes du Samu qui tiennent un centre de secours et des ambulances prêtes à opérer, des gendarmes, muto’i et militaires qui sécurisent le périmètre, et des agents du Pays, côté Équipement notamment, qui ont contacté des prestataires pour mettre à disposition rapidement des engins de chantiers adaptés. Deux pelleteuses se relaient pour assurer le déblaiement sur le site, accompagnés de binômes de pompiers, en relations constantes avec les « sonnettes ». Des équipes de secours et de déblaiement, constituées de douze pompiers, se tiennent aussi prêtes, précise le colonel Lhote, pour venir « gratter au plus près pour sortir une victime éventuelle ». Comme cela a été le cas à quatre reprises en milieu d’après-midi, puis trois fois dans la nuit, à chaque fois pour des personnes déjà décédés.
Aucun responsable ne veut s’exprimer sur les chances de retrouver des blessés. Mais de l’avis général des intervenants, elles sont maigres. Qu’importe : les recherches peuvent durer « 24, 48 heures, voire plus », comme l’avait dit en début de journée le Haut-commissaire Alexandre Rochatte. Et la nuit ne doit pas faire baisser la cadence. « Il nous fallait un maximum d’éclairage pour surveiller la partie haute, la partie basse, pour avoir un « visu » sur l’ensemble du théâtre reprend le directeur adjoint. Et toujours un minimum de personnes exposées à un éboulis qui peut survenir à tout moment ». Des éclairages qui ont été livrés en toute fin d’après-midi, alors que les agents de Tahiti Sud Energies rétablissaient les lignes électriques coupées en début de journée pour sécuriser le quartier.
Difficile, ce mercredi, de donner une première explication au glissement de terrain. Ou même, après des dizaines d’aller retour de camions bennes mobilisés pour l’occasion, d’estimer la quantité de terre évacuées ou restante sur les deux maisons. Les experts du laboratoire de geologie ont bien été dépêchés sur place, mais toute l’attention est portée sur la sécurisation des opérations. La maison située en amont ayant « glissé » sur l’autre au moment de l’éboulement, la zone de recherche est plutôt restreinte, environ 200 mètres carrés, mais les éboulis se comptent en centaines de tonnes.
Déjà des éboulements par le passé
Dans le quartier, beaucoup de ceux qui n’ont pas été évacués se sont installés sur le bord de route pour suivre l’évolution de la situation. Nani, qui habite Te Honu depuis « plus de 50 ans », a le regard particulièrement concerné. Elle fait partie de ceux qui « aux environs de 5h10 », ont appelé les secours après avoir été réveillé par « un grand bruit ». « J’ai pensé que c’était une grosse pluie ou un accident sur la route, et quand je suis sorti, j’ai vu que ça avait bougé de l’autre côté ». La riveraine pointe que cette paroi, « a été beaucoup travaillé », et avait déjà connu des éboulements par le passé. « Rien d’aussi catastrophique », mais les dernières pluies avaient de quoi, pour elle, laisser craindre un accident :
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