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A Athènes, Obama visite l'Acropole et parle de la démocratie

Athènes (AFP) – Le président américain sortant Barack Obama s’est rendu mercredi sur l’Acropole à Athènes avant de livrer, en forme de testament politique, sa vision de la démocratie à l’heure de la montée du populisme à travers le monde.

Avant son discours, le président américain, qui avait troqué son costume pour un blouson et des lunettes de soleil, était allé prendre une dernière bouffée d’inspiration à l’Acropole. 

Le célèbre site qui surplombe Athènes et est pris d’assaut chaque année par des millions de touristes, était – fait rarissime – désert pour l’occasion, à l’exception de la suite du président et des chats qui y résident.

Accompagné d’une guide, M. Obama, dont c’est la première visite en Grèce, a notamment pu découvrir le Parthénon, son plus célèbre temple, construit il y a quelque 2.500 ans.

Le dernier voyage à l’étranger du président américain, qui le mènera également en Allemagne et au Pérou, se déroule dans l’ombre de son successeur républicain Donald Trump, dont la personnalité, le goût de la provocation et le manque total d’expérience politique inquiètent.

Pour ce qui devrait être l’un de ses derniers grands discours, Barack Obama, 55 ans, a choisi la Grèce, berceau de la démocratie, et, selon ses termes, « source de tant d’idéaux et de valeurs qui ont aidé à construire l’Amérique ».

Face au développement d’une rhétorique populiste, de droite comme de gauche, des deux côtés de l’Atlantique, le président sur le départ entend se pencher sur les frustrations dont elle se nourrit et appeler à ne pas succomber à « un capitalisme sans âme ».

« La mondialisation, la technologies et les médias sociaux ont bouleversé des vies, souvent de façon très concrète », a-t-il expliqué mardi. « Les gens s’interrogent sur leurs identités nationales et leur place dans le monde ».

« La leçon que j’en tire – et je pense que celle-ci s’applique à nombre de pays – est que nous devons nous attaquer aux inégalités », a poursuivi le 44e président des Etats-Unis, à deux mois de son départ.

Reconnaissant avoir été « surpris » par la victoire de Donald Trump, il a souligné que ce dernier avait réussi à capitaliser sur « la méfiance vis-à-vis de la mondialisation, la méfiance vis-à-vis des élites et des institutions ».

– ‘Dernier grand leader américain’ –

Une impressionnante file d’attente s’était formée en milieu de journée devant l’immense centre culturel Stavros Niarchos, inauguré cette année et conçu par l’architecte italien Renzo Piano, où M. Obama devait prononcer son discours.

« C’est fantastique d’être là », s’enthousiasmait Anaïs Karayanis, lycéenne de 17 ans. « Il a beaucoup de choses à nous apprendre, de conseils à donner. Pour Trump, je serais venue aussi mais par simple curiosité, car je ne le soutiens pas ».

Betty Kazakopoulos, sexagénaire travaillant dans les relations publiques, est ravie d’avoir l’occasion d’écouter le président sortant, « un homme que j’estime, peut être le dernier des grands leaders américains ».

A l’issue de cette visite en Grèce, M. Obama effectuera sa sixième visite en Allemagne où il retrouvera Angela Merkel, son « partenaire le plus proche tout au long de sa présidence ».

Il participera à un mini-sommet avec, outre la chancelière, les chefs de gouvernement britannique et italien, Theresa May et Matteo Renzi, ainsi que le président français François Hollande.

Au moment où l’Europe traverse une crise de confiance, et à l’approche d’une série d’échéances électorales – dont l’élection présidentielle française où la candidate d’extrême droite Marine Le Pen devrait jouer les premiers rôles – il entend une nouvelle fois louer l’importance du projet européen.

Il s’emploiera également à rassurer ses interlocuteurs sur le devenir des relations transatlantiques une fois que Donald Trump aura pris sa place dans le Bureau ovale.

Depuis plusieurs jours, M. Obama explique combien détricoter des accords tel que celui sur le climat, conclu fin décembre à Paris, ou celui sur le nucléaire iranien, est une entreprise difficile.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a, lui aussi, opté mardi pour un discours à la tonalité rassurante.

« Je pense que, à court terme, peu de choses vont changer dans les relations entre l’UE, la Grèce et les Etats-Unis. Ces relations son fondées sur les valeurs communes de nos peuples », a-t-il souligné.

Le président américain Barack Obama visite l'Acropole, en compagnie de la ministre grecque de la Culture, Eleni Banou, le 16 novembre 2016 à Athènes. © AFP

© AFP Brendan Smialowski
Le président américain Barack Obama visite l’Acropole, en compagnie de la ministre grecque de la Culture, Eleni Banou, le 16 novembre 2016 à Athènes

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