EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

A ce rythme nous allons crouler sous les données – Edito 10/09/2020

Nous sommes nombreux depuis des années déjà à avoir une petite mention dans chacun des courriers électroniques que nous envoyons où il est écrit quelque chose du genre « Pour préserver notre environnement merci de faire le choix de ne pas imprimer cet email ». Avouez que cela part d’une bonne intention, tout comme cette révolution numérique de l’administration et de certaines enseignes qui vous proposent une dématérialisation de procédures ou de l’envoi de vos factures.

Puisque l’on parle de papier, manifestement il faut croire qu’on est ici face à l’arbre qui cache la forêt. Nous vivons une époque où entre autres exemples l’on est confronté à la fois à la multiplication des offres de stockage de nos données en ligne au lieu des bons vieux serveurs d’entreprise ; où le nombre croissant de services de vidéo à la demande explose à coup de surenchères de contenus dont la qualité d’image est de plus en plus lourde en terme de poids de fichier informatique, et où enfin et surtout plus de 1000 heures de vidéo sont téléversées juste sur Youtube chaque minute !

Comme l’a écrit de manière fort pertinente et inquiétante Melvin Vopson, un chercheur universitaire britannique dans son article intitulé « La catastrophe de l’information » et publié dans une revue spécialisée, sur cette lancée nous risquons un jour prochain de crouler sous le poids des données. Car la dématérialisation c’est un peu une illusion, les données elles sont stockées quelque part et maintenues à disposition des usagers grâce à une alimentation électrique. Aussi sa thèse repose-t-elle sur le fait qu’au rythme exponentiel où les choses vont – en gros 50% de création de données supplémentaires d’une année sur l’autre –  je le cite : « il faudra environ 130 ans pour que la puissance nécessaire pour soutenir la création d’informations digitales soit égale à toute la puissance actuellement produite sur la planète Terre ». Donc cela veut dire qu’en l’état actuel de nos connaissances et de la technologie, inexorablement nous nous dirigeons vers un point de saturation énergétique à cause de la production, du stockage et de l’accès à l’information digitale.

Nous serons obligés de produire toujours plus d’énergie, et le plus vite possible pour ne pas retomber dans le monde d’avant. Et quand on sait malgré toutes les bonnes intentions et la puissance des lobbies à quel point la fameuse transition énergétique a du mal à se faire puisque les énergies fossiles ne sont pas loin de représenter encore aujourd’hui plus de 80% de la consommation mondiale, on saisit avec effroi l’envergure de l’impact environnemental à venir de notre vie 2.0 qui va finir par sentir le zéro pointé.

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Journal de 7:30, le 10/09/2020

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