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A Cleveland, le sacre contesté de Donald Trump

Cleveland (Etats-Unis) (AFP) – La convention républicaine a débuté lundi à Cleveland sur une bruyante révolte des « anti-Trump », privant le milliardaire américain, qui peine à rassembler, d’un sacre sans histoires.

Preuve des profondes cicatrices laissées par des primaires acerbes, une véritable cacophonie s’est emparée pendant plusieurs minutes de la salle omnisports Quicken Loans Arena où près de 2.500 délégués venus de 50 Etats s’étaient rassemblés.

Sifflets, cris: les débats ont cédé la place à un concours de décibels entre partisans et opposants de l’extravagant magnat de l’immobilier.

Les délégués anti-Trump ont manifesté leur mécontentement contre l’adoption d’une motion sans vote. « Un vote! » s’est époumonée Diana Shores, une déléguée de Virginie, debout sur une chaise avec d’autres insurgés.

L’homme d’affaires de New York, qui a créé la surprise en écartant un à un ses 16 rivaux des primaires, est attendu dans la soirée dans la vaste enceinte qui accueille durant l’année les matches des Cavaliers, fraîchement auréolés du titre NBA.

Son épouse Melania, un ancien mannequin d’origine slovène de 24 ans sa cadette, et potentielle future Première dame, doit y prononcer un discours très attendu.

En dépit des sondages négatifs, Nancy Riley, déléguée de Floride, croit elle dur comme fer à la victoire de « Donald », le 8 novembre face à Hillary Clinton : « Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui n’osent pas dire qu’ils voteront pour lui ».

La perspective de voir une femme accéder pour la première fois à la Maison Blanche?  « Je rêve de voir une femme présidente. Mais pas elle! »

– ‘Besoin de poigne’ –

A l’ouverture des débats, le président du parti Reince Priebus a proposé une minute de silence en l’honneur des policiers abattus « à Baton Rouge, à Dallas et ailleurs ».

Le thème politique du jour était la sécurité, aux Etats-Unis et à l’étranger, le fonds de commerce du candidat populiste. 

« Nous avons besoin de poigne », a dit Donald Trump lundi dans une interview sur Fox News. « Nous avons besoin de quelqu’un capable d’emmener le pays ».

Faisant mine, dans une formulation alambiquée, d’analyser le « langage corporel » de Barack Obama, premier président noir de l’histoire des Etats-Unis, il a affirmé qu’il « se passait quelque chose » chez ce dernier lorsqu’il est question des relations entre Noirs et policiers.

Le monde conservateur s’érige en défenseur des forces de l’ordre, impliquées dans la mort de Noirs mais aussi ciblées par des tireurs ces dernières semaines.

Tonalité très différente, au même moment, à Cincinnati, à quelque 400 kilomètres au sud-ouest de Cleveland, où Hillary Clinton, candidate démocrate à la Maison Blanche, abordait la question des tensions raciales aux Etats-Unis et les drames récents.

« Nous avons devant nous un travail difficile, douloureux mais essentiel pour réparer les liens entre nos communautés et notre police », a-t-elle lancé.

A Cleveland, les autorités locales et fédérales ont pris des mesures de sécurité exceptionnelles pour la convention. 

Elles étaient déjà inquiètes après les attentats de Paris et Bruxelles, et celui d’Orlando (Floride). La mort le 7 juillet de cinq policiers à Dallas abattus par un ancien combattant américain, l’attentat de Nice jeudi soir et la mort dimanche de trois autres policiers à Baton rouge (Louisiane), tués par un ancien Marine ayant servi en Irak, ont encore ajouté à la tension ambiante.

De nombreuses manifestations sont attendues à Cleveland. Les premières ont rassemblé pacifiquement quelques centaines de personnes.

– Nombreux absents –

A l’heure du rassemblement républicain, la liste des absents est cependant impressionnante. 

Les grands noms du parti ne participeront pas à la convention: ni les anciens présidents Bush, ni les anciens candidats du parti à la présidence John McCain et Mitt Romney ne seront là, hérissés par la personnalité de M. Trump.

Mais le speaker de la Chambre des représentants Paul Ryan y prendra la parole. Et bien sûr le colistier de l’homme d’affaires, le très conservateur Mike Pence, son vice-président éventuel.

En dépit des promesses du magnat de l’immobilier, les têtes d’affiche sont peu nombreuses. Et l’attention se portera principalement sur sa famille: outre sa femme, quatre de ses cinq enfants (Ivanka, Tiffany, Eric, Donald Jr) monteront tout à tour à la tribune.

Son discours d’acceptation de la nomination républicaine est prévu jeudi, mais le milliardaire républicain, devancé dans les sondages par Hillary Clinton, pourrait faire des apparitions tout au long de la semaine.

Des anciens combattants tiennent le drapeau américain sur la scène de la convention républicaine à Cleveland le 18 juillet 2016. © AFP

© AFP Robyn BECK
Des anciens combattants tiennent le drapeau américain sur la scène de la convention républicaine à Cleveland le 18 juillet 2016

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