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À défaut d’une mission, le Tavini demande un « envoyé spécial » de l’ONU

De retour du Timor oriental et du Comité des 24, Tony Géros et Richard Tuheiava ont fait le point sur leur stratégie sur le dossier décolonial. Le président de l’assemblée, a, pour la première fois, demandé la nomination par le secrétariat général de l’ONU d’un « envoyé spécial » pour la Polynésie. Il serait chargé de « prendre la dimension » du problème que pose le refus de Paris de lancer le dialogue de décolonisation ou d’accueillir une vraie mission d’information. Dans le même temps, les recours administratifs contre l’État ont été déposés. Qu’importe s’ils sont voués à l’échec : le Tavini veut épuiser les voies de recours pour s’adresser ensuite au comité des droits de l’homme de l’ONU.

Chacun son bilan sur le C24. Juste après la délégation autonomiste de retour de ce séminaire du comité spécial de l’ONU sur la décolonisation, ce sont Tony Géros et Richard Tuheiava, accompagnés pour l’occasion d’Oscar Temaru, qui ont pris le micro sous le fare pote’e de Tarahoi. Le vice-président et le spécialistes juridique du Tavini n’étaient pas au Timor oriental en tant que porte-parole des bleu ciel, mais en tant que président de l’assemblée et directeur de cabinet. Une « instrumentalisation des institutions » dénoncée par le Tapura, mais parfaitement assumée par les intéressés : « Il y a une résolution qui a été prise à l’Assemblée dès 2013 qui a permis de crédibiliser institutionnellement la demande formulée par le président Temaru, à à l’époque de réinscrire la Polynésie sur la liste des territoires à décoloniser, explique Tony Géros. Ayant été réinscrite sur cette liste, la Polynésie et ses institutions auraient dû pendant 12 ans solliciter l’intervention des instances internationales, pour faire avancer la démarche de réflexion du processus. jusque là, ils ne l’avaient pas fait ». Le vice-président du Tavini, qui s’appuie en outre sur la résolution votée en décembre par sa majorité pour demander un dialogue de décolonisation estime donc être dans son rôle.

Un envoyé pour « prendre la dimension du problème »

À Dili, Tony Géros et son directeur de cabinet, bien soutenus par la représentante de l’exécutif Mareva Kitalong-Lechat, ont donc voulu tenir un « discours ferme ». L’État, en n’acceptant pas de lancer un dialogue de décolonisation préalable à l’autodétermination, viole ses engagements internationaux en même temps que le droit des Polynésien à la souveraineté. Les revendications n’ont pas changé : la reconnaissance du processus enclenché par la réinscription obtenue il y a déjà 12 ans, l’engagement à s’asseoir à la table des discussions avec « le comité spécial et les représentants légitimes de la Polynésie », et « la mise en place d’un calendrier de transition politique en vue de l’exercice du droit à l’autodétermination ». Pas vraiment de nouveauté sur le fond, mais des nouveautés sur les demandes concrètes. Réagissant au refus de l’ambassadrice française pour le Pacifique, Véronique Roger-Lacan, de l’organisation d’un séminaire régional à Tahiti, et surtout de l’envoi d’une mission d’information, pourtant aussi demandée par les autonomistes, Tony Géros a mis sur la table une alternative. La nomination par le secrétariat général de l’ONU d’un envoyé spécial pour venir « prendre la dimension du problème que rencontre la Polynésie avec les instances françaises sur la décolonisation ».

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Qu’importe la décision du tribunal administratif ce mardi

Le Tavini entend aussi poursuivre le débat – et le combat – sur le terrain juridique. Richard Tuheiava confirme ainsi que plusieurs recours ont été déposés au tribunal administratif la semaine dernière. Des recours qui font suite à des demandes officielles, adressées au ministre des Outre-mer et à l’Élysée, de démarrer le dialogue de décolonisation, et qui sont restés sans réponse. C’est ce refus tacite qui est attaqué, au nom du droit à l’autodétermination considéré comme un droit de l’homme par les instances onusiennes, par le Tavini, représenté par Oscar Temaru, par plusieurs élus – dont le président et le vice-président du parti – en leur nom propre, ainsi que par Tony Géros en tant que président de l’assemblée. Autant de procédures qui ont peu de chances d’aboutir, notamment la dernière, puisque le Conseil d’État a recommandé l’annulation de la délibération par laquelle l’assemblée avait autorisé Tony Géros à ester en justice au nom du Pays. Un avis qui doit être confirmé par le tribunal administratif de Papeete ce mardi. Mais qu’importe pour Richard Tuheiava, l’important et de mener la procédure à son terme :

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Si ces recours, comme c’est probable, sont rejetés, le camp indépendantiste entend aller au bout des procédures. L’épuisement des voies de recours national ouvre la porte à une plainte auprès du Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU et à son comité. Une perspective qui pourrait encore attendre plusieurs années.