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A Here ia Porinetia recrute pour les élections de 2022 et 2023

©CP/Radio1

A Here ia Porinetia confirme sa volonté de devenir un parti politique à part entière, et de présenter des candidats aux élections législatives de 2022 et aux territoriales de 2023. « On a choisi le chemin le plus difficile, on sort de la zone de confort », admet Nicole Sanquer.

Nicole Sanquer, Nuihau Laurey, Félix Tokoragi et Bernard Natua, qui avec Teura Tarahu siègent désormais en non-inscrits à l’assemblée, avaient convoqué les médias ce mardi pour confirmer la création de leur parti.

Les élus de A Here ia Porinetia sont depuis la semaine dernière sur le terrain, pour faire valoir les idées qui se heurtent, à l’assemblée, aux maigres moyens et temps de parole limité qui leur sont alloués. « Une trop forte majorité tue le débat » : ils ont l’intention de présenter un candidat aux élections législatives de 2022 dans chacune des trois circonscriptions, et de faire grossir leurs rangs pour aligner 57 candidats aux territoriales de 2023. « On lance un appel à candidatures », a déclaré Nicole Sanquer. Ils seront à Huahine le 8 mars, à Tahaa le 9  et à Raiatea le 10. Ils ont aussi prévu de se rendre à Faa’a, Punaauia, Taravao, Tautira et Pirae dans les prochains jours.

On a vu, lors du départ de Vaitea Le Gayic qui a fait disparaître le groupe A Here ia Porinetia de l’assemblée, la difficulté de nouer des alliances. Mais sans elles, le volontarisme affiché suffira-t-il à faire de ces élus les symboles du renouveau politique qu’ils appellent de leurs vœux ? « Il nous reste l’année 2021, il nous reste l’année 2022, rétorque Félix Tokoragi. On verra comment va se dessiner le paysage. »

« On a choisi le chemin le plus difficile, on sort de la zone de confort, admet Nicole Sanquer. Il faut un certain courage, notamment pour les tavana qui ont besoin du gouvernement. Mais la relève existe, il faut la susciter. » La rédaction du programme politique est en cours.

 

« Les élus sont assis sur une bombe sociale », dit Félix Tokoragi

Les élus de A Here ia Porineta étaient partisans d’une hausse de 17 à 20% du taux de prélèvement sur les recettes fiscales pour préserver le niveau du FIP, principale ressource des communes. Avec la baisse attendue de 15 milliards des recettes fiscales, les dotations du FIP vont mécaniquement baisser. Félix Tokoragi, maire de Makemo, s’inquiète : « L’année dernière nous étions à près de 3,5 milliards de Fcfp en investissement, cette année on risquerait une baisse de près de 1,5 milliard », dit Felix Tokoragi, qui rappelle que certaines communes ont consacré une part plus importante de leur budget de fonctionnement au volet social (comme les aides alimentaires à la population depuis le début de la crise sanitaire), et que le Pays avait promis de venir compenser une partie de cette dépense. « Certains élus sont assis sur une bombe sociale. Je leur souhaite beaucoup de courage ».

Si son atoll de Makemo n’a connu son premier cas de covid qu’en octobre 2020, Félix Tokoragi estime que le Pays n’a pas suffisamment anticipé l’accompagnement des îles dans la crise sanitaire : « En octobre, on avait 5 tests pour 1 000 habitants ».

 

Nuihau Laurey toujours incisif sur les mesures de relance

Les élus ont rappelé qu’ils s’étaient abstenus lors du vote du budget 2021 parce qu’ils trouvaient que le budget « manquait d’anticipation » et aurait du être « plus réactif ».  Ils continuent de protester « contre l’instauration de nouvelles taxes », par exemple celle qui va abonder le fonds de continuité territoriale aérienne, et contre le « zéro réduction des dépenses publiques », affirme Nuihau Laurey, qui réclame une baisse du train de vie du gouvernement et de l’assemblée. « Il y a des opérations de recrutement de fonctionnaires en ce moment. Est-ce que c’est vraiment le moment ? Le gouvernement est dans un déni complet de réalité. »  Ils continuent aussi de déplorer l’hostilité du gouvernement à leurs propositions, comme celle d’une exonération d’impôt pour les entreprises les plus touchées par la crise. « On attendait des mesures extraordinaires après la fermeture » des frontières, dit Nuihau Laurey, en fait on a eu que la prorogation des mesures existantes. Sauf Titeti Ai’a, mais 50 millions pour sauver le tourisme, ça ne va pas le faire. Comment Edouard Fritch peut-il déclarer que ‘rien ne sera plus comme avant’ ? Manifestement l’incohérence ne le gêne pas. »

 

 

 

 

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