EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

A propos du hold-up médiatique consenti de Flosse … – Edito 19/04/2018

Hier soir à la télé sur Polynésie la 1ère avait lieu le dernier débat en français avant le 1er tour des Territoriales 2018. Y participaient les 3 grands partis à savoir le Tapura, le Tavini et le Tahoeraa. Et l’on a assisté une fois de plus dans cette campagne à une situation absolument ubuesque et totalement inédite au sein de la 5ème République. Un des partis était donc représenté par quelqu’un qui non seulement ne figure pas sur la liste, est inéligible et n’aura pas non plus le droit de voter. Encore une fois Gaston Flosse a tiré la couverture sur lui sans nous permettre de faire davantage la connaissance de celui qui serait censé être le futur Président de la Polynésie en cas de victoire orange, Geffry Salmon.

La Russie avait Raspoutine, la Corée du Sud Choi Soon-sil, la Polynésie pourrait donc avoir son Gaston Flosse. Celui qui tirerait les ficelles et soufflerait quoi dire à l’oreille de celui que l’on n’essaye même pas de faire passer pour autre chose qu’une marionnette. Le Tahoeraa, sans vergogne, institutionnalise le fait que la plus éminente fonction de nos institutions locales puisse donc être incarnée par un homme de paille, taillable et corvéable à merci par un octogénaire délinquant multirécidiviste privé de ses droits civiques. Oui, ça va mieux en le disant.

Qu’ont fait les polynésiens pour mériter d’être comme hier soir les tristes spectateurs d’une granguignolade surréaliste ? On avait obligé deux candidats éligibles et légitimes, Edouard Fritch et Moetai Brotherson, à ravaler leurs principes en acceptant d’être confrontés à quelqu’un qui s’impose au forceps dans la campagne officielle. Mais la question la plus fondamentale serait la suivante : pour quelles raisons, en ayant subi quel type de pression, les médias locaux depuis le début de la campagne jouent-ils le jeu d’un calcul que rien ni personne ne les oblige d’accepter ? Qu’est-ce qui justifie que l’on participe à  saper la valeur et la portée des décisions de justice en permettant à quelqu’un d’exister dans une mesure qu’au moins la déontologie ne devrait pas permettre ? La peur d’en assumer les conséquences ? L’annulation des débats ? Chiche, il aurait peut-être fallu tenter.

Si effectivement la Polynésie française, par extension, est bien un bout de la France, alors nous sommes censés résider dans un Etat de droit.  Celui où les citoyens, les votants, ne sont pas censés subir par la procuration de médias publics l’instrumentalisation d’un homme qui nous prouve bien qu’il n’a pas changé d’un iota, qui estime que sans lui rien n’est possible. Nous verrons bien.

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3 Commentaires

  1. Hina
    19 avril 2018 à 11h09 — Répondre

    Le lion est très très fort et du haut de mes 24 ans je l’admire et pourtant mes parents son tavini

  2. Jay Pee Two
    20 avril 2018 à 10h51 — Répondre

    Une vrai honte à Polynésie 1ère Edouard Fritch et Moetai Brotherson auraient dû refuser de participer à cette émission

  3. Tereva
    21 avril 2018 à 0h07 — Répondre

    voterez vous pour ces marionnettes?

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A propos du hold-up médiatique consenti de Flosse … – Edito 19/04/2018