EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

A termes : un toit pour tous ? – Edito 17/11/2015

La faute à qui ? Pourquoi ? Comment est-ce possible ? Au sein du public venu assister aux assises de l’habitat organisées la semaine dernière, à peine feutrées, ces questions je les ai entendues lorsque le ministre Tearii Alpha dressait un rapide bilan des constructions de logements sociaux livrées ces dernières années. Leur nombre étant en fait beaucoup trop faible, une année on en a en effet compté même moins d’une vingtaine alors que le besoin serait plutôt aux alentours de 30 000 en tout.

Soit ne faisons de procès d’intention à quiconque, n’accusons personne d’incompétence même si beaucoup de l’argent du contrat de projet a dû être rendu car non utilisé dans les temps. Grâce à ces assises on en sait en tout cas plus sur une politique de l’habitat social local qui se veut pour le coup crédible et ambitieuse, à la différence qu’ici les moyens semblent enfin à la hauteur des ambitions. Alors que les autres ministères comptent pléthore de services et de directions, celui de l’habitat qui est pourtant objectivement une priorité au Fenua, il s’avère être au final le parent pauvre. Pour faire simple l’OPH doit en Polynésie : construire des logements, gérer le parc social, gérer la demande sociale, vendre des fare en kit, réhabiliter le parc social et enfin résorber l’habitat insalubre. Cela fait un peu beaucoup hein ?… A court terme on devrait enfin voir apparaître une direction de l’habitat chargée de lancer les projets de construction et de réhabilitation, conduire la politique de l’habitat initiée par le ministère, pour que l’OPH se concentre sur la gestion du parc et la vente des fare. En outre un providentiel guichet unique que les polynésiens attendent depuis au bas mot 30 ans, naîtrait lui aussi en 2016 pour faciliter les démarches d’accès au logement social pour la constitution complète de leur dossier et sa gestion de suivi au même endroit. Et quand on connaît l’actuel parcours du combattant, nombreux seront ceux qui applaudiront des deux mains quand il verra enfin le jour.

Mais à lui tout seul le contrat de projet et l’initiative publique ne suffiront pas. Construire environ 30 000 logements en 15 ans seul, c’est illusoire. C’est pour cela que des privés rentrent dans la danse. Cela est notamment possible grâce à la défiscalisation qui vient de connaître un sursis par le pouvoir central, et qui ici permettra à tous les polynésiens d’en ressentir vraiment les avantages.

Evidemment il sera difficile de résorber l’habitat insalubre, de reloger des familles qui devront pour certaines payer un loyer pour la première fois. La volonté politique et le financement ne feront donc pas tout, une évolution impérative des mentalités est nécessaire. Il faudra comprendre que mettre la main à la poche, même modérément, est un moindre mal quand cela permet de changer radicalement de vie. Une dépense intelligente et utile a minima pour que chaque polynésien ait un toit décent au dessus de sa tête afin d’y faire grandir ses enfants sans honte païe.

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1 Commentaire

  1. Pitate
    20 novembre 2015 à 15h41 — Répondre

    Oui, la défiscalisation fait plus pour l’habitat que l’OPH actuel qui a besoin de restructurer ses actions.
    Aussi, nous avons un espace géographique très limité et plus nous avançons dans les espaces, et plus nous dénaturons ce qui reste de « naturel » de la Polynésie, ce qui fait mal au cœur avec pour « agrémenter » le SDF plus humain que jamais.
    Tout ça pour dire qu’il serait peut-être plus judicieux de re-concidérer l’image négative que nous avons des buildings grattes-ciel, et admettre qu’en pesant le pour et le contre, et pour répondre dans un espace restreint au plus possible de besoin, qu’on pourrait dorénavant les admettre dans le paysage polynésien dans certaines zones mais en re-concidérant l’aspect social pour lui attribuer tout ce qui préviendrait l’ennui et la délinquance à savoir : les parkings, les salles de jeux et de lecture dans le bâtiment en question, et voir même des éducateurs employés pour animer les moments libres des jeunes habitants du building et donner un sens à leur vie.
    Qu’en pensez-vous ?
    D’autant plus qu’on sait très bien faire aujourd’hui à moindre prix des éco-buildings esthétiques qui peuvent être à usage social.
    Vous direz allons sur la lune pendant qu’on y est… Sauf que justement, on y est allé pour faire joli surtout, mais là c’est pas seulement pour l’estime national et la déco, c’est pour la dignité humaine et plus.
    De plus, contez le nombre d’habitant des atolls et des littoraux qui vont devoir quitter leurs habitations pour habiter plus en hauteur avec la montée des eaux.
    Soyons francs, honnête, visionnaires et efficaces.

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