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A trois semaines de l'élection, Donald Trump en retard sur Hillary Clinton

Washington (AFP) – La position de favorite d’Hillary Clinton était confortée lundi par une moisson de nouveaux sondages dans les Etats où se décidera l’élection présidentielle du 8 novembre, le républicain Donald Trump cherchant la parade pour remonter la pente.

Alors que le candidat à la Maison Blanche est accusé de comportement déplacé par plusieurs femmes pour des faits remontant à une ou plusieurs décennies, son épouse Melania a accordé deux interviews télévisées lundi pour défendre son mari après la diffusion d’une vidéo de 2005 dans laquelle il est enregistré racontant sa façon d’embrasser les femmes ou de les toucher sans leur consentement.

« Ces paroles étaient insultantes pour moi, et déplacées », a déclaré l’épouse de Donald Trump sur Fox News. « Il m’a présenté ses excuses. J’accepte ses excuses. Et nous allons de l’avant ».

Melania Trump a défendu l’usage du passé de Bill Clinton. « S’ils ont fouillé dans mon passé, pourquoi pas? », a-t-elle dit, en rappelant que d’anciennes photos dénudées d’elle, alors qu’elle était mannequin, avaient fait leur apparition durant la campagne des primaires.

Les états-majors démocrate et républicain ont le regard fixé sur les douze Etats-clés qui détermineront lequel des deux candidats remportera la majorité au collège électoral en novembre.

Malgré l’avalanche d’accusations contre l’homme d’affaires, les électeurs de l’Ohio semblent lui rester majoritairement fidèles, selon une enquête CNN qui le crédite de 48% des intentions de vote contre 44% pour Clinton. Un sondage Quinnipiac les place à égalité.

Mais en Pennsylvanie, en Floride et dans le Colorado, la démocrate est en tête, selon Quinnipiac. En Caroline du Nord et dans le Nevada, selon CNN, elle est très légèrement devant, dans la marge d’erreur.

Cet avantage local correspond à l’avance nationale d’Hillary Clinton, qui recueillait lundi 45,9% des intentions de vote, en moyenne, contre 39% pour Trump et 6% pour le libertarien Gary Johnson, selon RealClearPolitics. Il y a quatre ans, le même jour, Barack Obama n’avait que 0,4 point d’avance sur le républicain Mitt Romney.

Quelque 1,4 million d’Américains ont déjà voté, selon le professeur Michael McDonald à l’Université de Floride.

Maillant le terrain comme Barack Obama quatre ans plus tôt, l’équipe Clinton dispose de 455 locaux de campagne dans les douze Etats-clés, a précisé son directeur de campagne, Robby Mook.

Geste audacieux ou provocateur, les stratèges Clinton dépêcheront jeudi la populaire Première dame Michelle Obama dans un Etat jugé jusque la imprenable: l’Arizona, dans l’ouest.

– Débat mercredi à Las Vegas –

Avant un nouveau meeting lundi soir dans le Wisconsin, Donald Trump a de nouveau dénoncé des tricheries à l’élection présidentielle, sans préciser la nature de ces fraudes.

« Bien sûr que de vastes fraudes électorales se produisent avant le scrutin et le jour de l’élection. Pourquoi les responsables républicains le nient-ils? Quelle naïveté! », a-t-il écrit sur Twitter lundi.

Le républicain fait allusion à de possibles fraudes dans les bureaux de vote. Par exemple, il a encouragé le 1er octobre ses partisans à aller surveiller les bureaux « dans certaines zones ». Ce langage codé pourrait viser les quartiers noirs, qui votent majoritairement pour le parti démocrate.

Donald Trump estime aussi que l’élection est truquée par les médias, qui ignoreraient volontairement les affaires liées à Hillary Clinton pour concentrer leur couverture sur les accusations contre lui.

De fait, une fraude massive aux élections semble difficile à exécuter car le système électoral américain est décentralisé.

Dans l’Ohio, l’un des Etats les plus disputés, l’homme responsable des élections est un républicain, Jon Husted. « Je peux assurer à Donald Trump que (…) les élections ne seront pas truquées », a-t-il dit sur CNN lundi.

Hillary Clinton restait cloîtrée lundi chez elle près de New York pour se préparer au troisième et dernier débat, mercredi à Las Vegas. Elle devra sans doute être prête à répondre à la publication par WikiLeaks de milliers de messages piratés du compte Gmail du président de son équipe de campagne, John Podesta, qui révèle les tergiversations et machinations politiques de la candidate.

On y apprend notamment que, lors d’une conférence privée en 2013, elle avait déclaré qu’en politique, pour réussir des négociations, il fallait avoir « à la fois une position privée et une position publique ». De quoi relancer les soupçons sur sa duplicité supposée.

Hillary Clinton, le 14 octobre 2016 à Seattle. © AFP

© AFP Brendan Smialowski
Hillary Clinton, le 14 octobre 2016 à Seattle

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