EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Accepterait-on moins de libertés pour plus de sécurité ? – Edito 14/05/2018

Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps après le nouvel attentat terroriste au couteau en plein Paris ce weekend, pour que les polémiques se réinvitent au premier plan dans l’actualité politique. Ces exactions ont donc été commises à nouveau par une personne fichée S. S’en est trop pour la droite et l’extrême droite française qui s’insurgent contre une forme d’inaction du gouvernement et du président de la république afin de pouvoir considérer en urgence une autre approche de la situation. Laurent Wauquiez et Marine Lepen, mais ce ne sont pas les seuls, estiment qu’il faudrait bien plus lourdement encadrer, surveiller et même contraindre avant tout passage à l’acte ceux qui sont fichés S.

Bien entendu qu’on peut supposer qu’il y a quelque part une tentative de récupération, une volonté de surfer sur la vague de terreur, de miser sur les peurs de la population pour récupérer d’abord leur sympathie et à termes leurs suffrages. Mais cela ne peut pas se résumer à cela sur ce genre de sujets. Cela ne le peut plus. Les fondements de notre vie en société sont profondément bouleversés et viciés par des menaces qui n’existaient pas dans ces proportions il y a encore quelques années. Même si les autorités nous annoncent avoir pu déjouer plus de 22 tentatives d’attentats ces derniers mois, le fait est que ce que l’opinion publique retient ce sont celles qui passent entre les mailles du filet. La colère est d’autant plus accentuée lorsqu’il nous est annoncé que les auteurs étaient déjà fichés.

Ce malaise qui va en grandissant est en train de modifier petit à petit notre rapport à la démocratie. Il s’avère que plus le temps passe, plus nous semblerions susceptibles à considérer que moins de libertés pour plus de sécurité est un compromis qui devient acceptable. On peut le voir comme un danger, comme un piège qui nous serait tendu par ces terroristes dans lequel nous tomberions allègrement en modifiant les fondamentaux du fonctionnement de notre vie en société. La restriction de certaines libertés individuelles au service d’un collectif plus fort et plus serein est un vrai sujet dont il ne faut pas avoir honte de débattre. Est-ce mettre en danger l’Etat de droit que de miser davantage sur des mesures qui garantiraient le droit à la survie et à la sécurité du plus grand nombre, plutôt que nourrir a priori une sorte de bienveillance molle à l’égard de ceux qui sont pourtant déjà connus comme étant radicalisés ?

Si l’on considère qu’il faut « lutter » contre le terrorisme, que nous sommes donc en guerre contre ceux qui veulent nous punir pour nos trop grandes libertés, pourquoi est-il si sensible que cela de débattre du fait de choisir de ceux qui méritent de profiter de ces libertés ? Sortir d’une torpeur humaniste en décalage avec les réalités d’un monde nouveau, est un défi pour la France ; pour que France il y ait encore demain.

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