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Affaire Théo: deux jeunes condamnés à six mois ferme pour des violences

Bobigny (AFP) – Deux jeunes ont été condamnés mercredi à Bobigny à six mois de prison ferme pour les violences de ces derniers jours à Aulnay-sous-Bois, où la tension a cependant baissé d’un cran après l’appel au calme de Théo, victime d’un viol présumé lors d’une arrestation.

Ces deux jeunes condamnés pour des faits « d’embuscades » n’ont pas été placés sous mandat de dépôt. Egalement jugés mercredi, trois autres jeunes, poursuivis pour les mêmes faits, ont été condamnés à six mois de prison avec sursis. Un sixième prévenu, accusé de jets de pierre à l’encontre des forces de l’ordre, a été relaxé.

Onze mineurs, présentés au juge des enfants pour « embuscade », ont par ailleurs été placés sous le statut de témoin assisté.

Quatre autres jeunes seront jugés jeudi, un pour « outrages et violences sur personne dépositaire de l’autorité publique », un autre pour « dégradation » et « outrages », deux pour « complicité de violences sur personne dépositaire de l’autorité publique », a indiqué mercredi le parquet de Bobigny.

Mercredi soir, trois à quatre cents personnes ont brièvement manifesté à Nantes, sous haute surveillance, contre les « violences policières et en soutien à Théo ». Ils étaient 200 environ à Rennes. Quelques centaines de personnes se sont aussi rassemblées à Paris, pour la deuxième soirée consécutive, pour dire leur colère face à cette affaire qui a suscité l’indignation dans la classe politique et les quartiers populaires.

Théo, jeune homme de 22 ans dit avoir été victime le 2 février d’un viol avec une matraque lors d’une interpellation violente aux 3.000, une cité d’Aulnay-sous-Bois. Toujours hospitalisé en raison de graves blessures dans la zone rectale, il s’est vu prescrire 60 jours d’incapacité totale de travail (ITT). 

Un des quatre policiers impliqués dans l’arrestation a été mis en examen pour viol et les trois autres pour violences volontaires en réunion dimanche. Les quatre ont été suspendus.

Mercredi vers 22H, la situation était « assez calme » en Seine-Saint-Denis où seuls quelques petits incidents étaient recensés, a indiqué une source policière. 

Des incidents avaient eu lieu dans plusieurs communes du département dans la nuit de mardi à mercredi, après plusieurs soirées d’échauffourées à Aulnay-sous-Bois.

Dix-sept personnes avaient été interpellées mardi soir, dont cinq à Aulnay-sous-Bois, pour « violences, dégradation par l’incendie et menace de mort ». 

– Rapprocher police et population –

Une vingtaine de véhicules ont été brûlés mardi, mais il y a eu très peu d’affrontements avec les forces de l’ordre et peu d’agressions de policiers.

A Tremblay-en-France, une dizaine de personnes ont été intoxiquées au monoxyde de carbone après le jet d’un cocktail Molotov dans un bâtiment. Le poste de police municipale a également été endommagé. Un chauffeur de bus avait été légèrement blessé à l’occasion d’un jet d’objet incendiaire « dans les environs » de Clichy-sous-Bois.

En réponse à ces incidents, le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a annoncé mercredi à l’AFP qu’il allait « renforcer » les effectifs dans les quartiers et « doubler » les crédits dédiés à des actions concourant au « rapprochement police-population », en référence à un appel à projets mis en place en 2015 et qui sera doté de 1,5 million d’euros, contre un million actuellement.

Mardi, François Hollande s’est rendu au chevet de Théo à l’hôpital, d’où ce dernier a appelé les jeunes de son quartier à ne « pas faire la guerre » et à « rester unis ».

En référence aux violences qui s’étaient produites les nuits précédentes dans sa cité, où des policiers menacés ont procédé à des tirs de sommation à balles réelles, le jeune homme a dit vouloir retrouver sa ville « comme il l’avait laissée ».

Cet appel et la visite du chef de l’Etat ont eu un « impact » sur les habitants de la ville, a dit à l’AFP Nordine, 44 ans, qui vit aux 3.000. « Moi, j’en ai eu des frissons », a-t-il ajouté.

La jeune victime, fan de foot, qui portait un maillot de l’Inter Milan lors de la visite du chef de l’Etat, a été invité mercredi par le club italien à venir voir un match dès que son état de santé le lui permettrait.

La police devant la Cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017. © AFP

© AFP GEOFFROY VAN DER HASSELT
La police devant la Cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017

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