EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Air Tahiti, la grève de trop pour les polynésiens ? – EDITO 24/05/2016

Ce qui se passe à Air Tahiti depuis une semaine est très grave. C’est une véritable calamité. Entre la perte sèche d’exploitation des vols non effectués, les dédommagements et autres remboursements, la facture estimée se monte déjà à plus de 200 millions et s’alourdit au bas mot de 30 millions chaque jour qui passe.

Des histoires sont de véritables crève-cœurs, comme ces défunts que l’on ne peut pas rapatrier sur leur île pour les inhumer, ou encore cette famille qui économise pendant 3 ans et qui loupe ses vacances aux USA… On est révolté quand on apprend ça, mais ce n’est pas le plus poignant. Loin de là. Le plus grave c’est d’un œil extérieur de voir, par les temps qui courent, du personnel saccager sa propre entreprise ; ne pas comprendre ou ne pas vouloir comprendre que faire la grève pour les motifs sur lesquels ils communiquent, cela ne justifie pas tout. De manière méthodique et le tout orchestré, et je dirais même envenimé encore une fois par Cyril Le Gayic.

Condamné dans l’affaire des emplois fictifs ou inquiété dans l’affaire Ravel, je vous le rappelle à nouveau, ne jouit plus de ses droits civiques et ne devrait plus assumer des fonctions de direction ou d’administration dans un syndicat. Une situation totalement délirante dans ce bout de territoire d’une République comme la France, que je vous rappelais il y a un an, lorsqu’exactement à la même époque, la grève à Gaz de Tahiti nous ébranlait très durement et nous pénalisait. Tous les ans, à la même époque, cet homme condamné tient le devant de la scène en se faisant passer pour le défenseur des opprimés. Pourtant, des faisceaux de preuves ont permis à la justice de le mettre en examen pour corruption passive, car soupçonné d’avoir perçu plus de 15 millions de la part de chefs d’entreprises qui voulaient acheter la paix sociale. En 2012, il reconnaissait n’en avoir perçu « que » 2,75 millions.

Mesdames, messieurs, dans un pays normal, un tel profil devrait être définitivement décrédibilisé et ne plus exister sur la scène publique. Pas chez nous. Nous contribuons et persévérons à lui décerner année après année l’écharpe de « Mister Chianli », surtout ceux qui acceptent de se faire représenter par lui. Sur ce simple motif, à la limite, je n’ai pas besoin d’autre chose, moi je me dis que cette grève, elle sent mauvais. Qu’elle est manipulée par des forces occultes, très potentiellement orange. Et nous voilà face à un gouffre d’incompréhension, nous qui ne comprenons pas les motifs sérieux et réels d’une grève d’une telle ampleur qui sape notre image et notre économie chancelante ; et ceux qui font grève, qui ne comprennent pas que le plan de sauvetage de leur boîte qui est dans les cartons, équivaut à tenter d’éponger en grande partie la folie des grandeurs d’un homme qui a voulu ouvrir un aéroport dans chaque île ou presque, en dépit du bon sens. Ils contribuent en insistant sur une communication liée à une pénibilité, somme toute très relative de leurs conditions de travail, que j’aimerais avoir le temps de mettre en vis-à-vis avec d’autres tâches bien plus ingrates et moins bien rémunérées, à couper les ailes de l’avion dans lequel ils sont tous et nous faire crasher avec eux.

 

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