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Air Tahiti : pourtant on dirait que le Pays a la galette … – Edito 24/06/2020

Bon je ne sais pas pour vous mais moi y’a un truc qu’il faut qu’on m’explique. D’un côté on a Air Tahiti qui à moins de se mettre sur la paille se voit contrainte de suspendre temporairement la desserte de plus de 27 îles dont les lignes sont historiquement déficitaires. La compagnie rappelle que l’équilibre global plutôt fragile était assuré cahin-caha par les lignes les plus populaires et les plus empruntées puisqu’avec les gouvernements qui se sont succédés depuis plus de 10 ans il n’a semble-t-il pas été possible de convenir d’une compensation financière sanctuarisée visant à la doter d’un budget spécial pour financer ce qui revient à effectuer une mission de service public non officielle et de fait.

De l’autre côté, par la voix du Ministre en charge des transports aériens intérieurs, Jean-Christophe Bouissou, on se dit prêt à discuter mais on brandit aussi deux options auxquelles personne ne s’attendait, la première : une recapitalisation de la société en en devenant majoritaire afin d’en avoir le contrôle ; ou carrément la création d’une nouvelle compagnie aérienne visant à assurer les liaisons délaissées par Air Tahiti.

Donc moi, en toute bonne foi, je ne comprends pas. J’essaye hein … Y’a du pognon ou y’en a pas alors ? Parce que, que ce soit l’une ou l’autre des menaces voilées qui serait mise à exécution, elle représente pour l’une au bas mot des centaines de millions, pour l’autre des milliards. Même si je ne suis pas certain que le ministre ait réellement ce projet dans les cartons tant il me semble abracadabrantesque, monter de toute pièce une nouvelle compagnie pour assurer des liaisons qui resteront quoi qu’il en soit déficitaire, ça revient à vouloir en toute connaissance de cause se payer une place en première classe dans un avion dont on sait qu’il va se crasher.  C’est particulier quand même …

Donc si tant est que la Polynésie française ait à ce point de quoi se payer la création d’une énième Société d’Economie Mixte ou un truc dans le genre, avec potentiellement toutes les dérives qu’on connait bien dans ce Pays et qui vont avec, et qui sera déjà sur le papier un puits sans fond, y’a peut-être moyen dans ce cas de rationaliser les choses et de cracher au bassinet d’Air Tahiti en lui confiant contre rémunération une officielle charge de service public encadrée par une convention.

Quant à mettre des centaines de millions pour en prendre le contrôle, et croire que comme par magie parce qu’on est devenu le patron les lignes problématiques deviennent d’un coup rentables, un peu de sérieux, ça reviendra au même sauf qu’on aura fait du Pays le propriétaire de dettes qui continueront de se creuser.

Alors messieurs du calme, on souffle, on se remet autour d’une table et on assume de la manière la plus rationnelle et la moins coûteuse possible le fait que notre pays et la répartition de sa population soient tels qu’ils sont, sinon tant qu’on y est on appelle Elon Musk et sa Boring Company et on lui fait faire des tunnels sous-marins … Bah oui, n’a la galette …

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1 Commentaire

  1. simone grand
    25 juin 2020 à 8h16 — Répondre

    Ne pas oublier la compagnie en embuscade nullement intéressée par les lignes déficitaires mais qui a le soutien du ministre. Il est temps de changer de gouvernants.

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Air Tahiti : pourtant on dirait que le Pays a la galette … – Edito 24/06/2020