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Ali Bongo: "la démocratie s'accommode mal de la prise d'assaut d'un parlement"

Libreville (AFP) – Le président gabonais Ali Bongo a tancé jeudi l’opposition qui conteste sa réélection, jugeant que « la démocratie s’accommod(ait) mal de la prise d’assaut d’un parlement », tandis que son ministre de l’Intérieur annonçait un millier d’interpellations depuis mercredi soir.

« La démocratie s’accorde mal des succès autoproclamés, des groupuscules formés à la destruction. La démocratie s’accommode mal de la prise d’assaut d’un parlement et de la télévision nationale », a déclaré Ali Bongo Ondimba au palais présidentiel lors d’une allocution à la presse de moins de quatre minutes.

« Les élections ont rendu leur verdict (…) Qui a perdu? Un groupuscule dont le seul projet était de prendre le pouvoir pour se servir du Gabon et non servir le Gabon », a encore accusé le fils et successeur d’Omar Bongo, en visant Jean Ping, son principal rival à la présidentielle, qui durant la campagne est parvenu à rallier d’autres candidats importants de l’opposition.

Le chef d’Etat – dont la réélection a été annoncée mercredi en fin de journée par la commission électorale – a été suivie dans la nuit d’émeutes meurtrières et de pillages à Libreville et dans d’autres villes du pays. Dans la capitale notamment, le parlement a été incendié par des manifestants.

« Sur Libreville, il y a entre 600 et 800 interpellations, et 200 à 300 sur le reste du pays », a déclaré le ministre gabonais de l’Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, lors d’une brève conférence de presse tenue jeudi à l’issue de l’allocution du président Ali Bongo au palais présidentiel.

« Nous déplorons la mort de trois personnes, dont les identités seront données rapidement quand elles seront établies », a ajouté le ministre.

M. Moubelet-Boubeya a également déploré des pillages dans des supermarchés tels que Prix Import, ou encore dans les établissements de la chaîne Ckdo. Il a également fait état d’immeubles saccagés.

Le régime d’Ali Bongo se trouvait jeudi sous la pression de la communauté internationale qui appelle à un arrêt des violences et à un nouveau comptage des votes du scrutin de samedi.

« Nous faisons les élections en fonction de la loi gabonaise. Les pressions internationales doivent tenir compte de la loi gabonaise: ce ne sont pas elles qui vont la changer », a réagi jeudi le porte-parole d’Ali Bongo, Alain-Claude Bilie-Bye-Nze.

Ali Bongo Ondimba le 1er septembre 2016 à Libreville. © AFP

© AFP MARCO LONGARI
Ali Bongo Ondimba le 1er septembre 2016 à Libreville

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