EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Alliance Oranges/Bleus : le « non événement » pourtant plein de sens – Edito 25/04/2018

Il ne faut pas me faire des émotions comme ça s’il-vous-plaît. Ça fait deux jours que j’alterne entre apnées et crampes d’estomac. Tous les médias s’étaient donné le mot pour ficeler les scénarios les plus alambiqués sur une alliance Tahoera’a et Tavini, que ce soit par la fusion des listes, et on a même entendu la rumeur d’un retrait de la première avec appel au soutien de la deuxième. Tout ça pour « chasser » du pouvoir le Tapura et les priver d’une victoire que la majorité de la population semble au terme du 1er tour pourtant vouloir. Mais il s’avère que ce qui apparaissait comme des fantasmes anxiogènes n’étaient pourtant pas loin de la réalité. Au moins un des deux scénarios a donc été effectivement envisagés, des tentatives de négociations ont eu lieu. Si discuter n’engage à rien, certes, le simple fait d’avoir fait mutuellement un pas vers l’autre est pourtant lourd de sens. Si le Tavini a fini par déposer sa liste, la rencontre au sommet suscite de l’émotion bien légitime, l’image est écornée. Si des conditions ont été posées d’un côté et de l’autre pour que la fusion puisse se faire c’est qu’il y a bien eu tentative mutuelle d’entente. Manifestement les profondes convictions et la probité dont on se prévaut chez les bleus auront fini par l’emporter. Les chantres de la vertu incarnés par la nouvelle garde des indépendantistes doivent souffler, ils sont passés près de la décrédibilisation totale.

La course du deuxième tour se jouera donc à 3. Mais ce qui n’aura été paraît-il qu’une rumeur en ce qui concerne le deuxième scénario avait un potentiel terrifiant. Si le retrait de la liste Orange avait vraiment été envisagé il aurait été révélateur d’une perception trouble du fonctionnement et du sens du suffrage. Quelle idée se serait-on fait des fondamentaux de la démocratie et du respect de son électorat quand faire perdre devient plus important que de gagner ? Il aurait été psychiatriquement qualifiable d’envisager le plus sérieusement du monde de flouer ses troupes par pur esprit de vengeance en oubliant promesses de campagne et programme, en reniant le rôle noble et primordial que se doit d’incarner une force d’opposition dans nos institutions. Mais c’est de la politique fiction donc …

Quoi qu’il en soit force est de constater qu’hier cela n’a pas été la victoire du bon sens. C’est l’inflexibilité des uns à obtenir des garanties de probité et l’incapacité des autres à rallier les premiers à une vendetta qui a conduit à cette donne. Un pis-aller, une faute de mieux qui doit faire enrager en hautes sphères. En 2018 la classe politique locale est encore en souffrance et ce n’est même pas dit que le 6 mai nos votes revêtent le caractère de remède définitif.

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