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Alstom: des centaines de salariés manifestent devant le siège

Paris (AFP) – « On est là, vivants, on va se battre »: plusieurs centaines de salariés d’Alstom en grève, dont 300 de l’usine de Belfort, ont manifesté bruyamment mardi au siège du groupe, alors que le gouvernement poursuit les discussions pour tenter de sauver l’usine.

Au son des cornes de brume, des sifflets et des klaxons, les « Alsthommes », –un millier selon la CGT–, en vestes gris et rouge siglées « Alstom » ou portant des chasubles de couleur, affichaient tous un autocollant « Non à la fermeture », un message répété sur une grande banderole accrochée aux grilles.

Présents notamment: quelque 300 salariés venus de Belfort par un TGV spécialement affrété – un « symbole »-, une cinquantaine d’Ornans (Doubs) les ayant rejoints à Besançon, mais aussi des salariés d’autres sites (Valenciennes, La Rochelle, Le Creusot, Reichshoffen). 

Preuve que « tous les sites d’Alstom sont solidaires », estime Marion Faverger, ingénieure au bureau d’études de Belfort depuis huit ans. « Le premier en situation critique, c’est Belfort mais tous sont menacés ».

Le but de cette journée est « de dire qu’on n’est pas morts, qu’on est encore là et qu’ils ne vont pas nous jeter comme ça », explique Florian Jardinier, délégué Force ouvrière à Belfort, où plusieurs milliers de personnes avaient manifesté samedi pour soutenir « les Alsthommes ». 

L’intersyndicale (CFE-CGC, CGT, CFDT, FO) a appelé à la grève les 9.000 salariés du groupe en France pour défendre le berceau historique du constructeur où 400 emplois sur 480 sont menacés, et plus généralement « le maintien de tous les sites Alstom Transport en France ». 

Évoquant une « sous-charge globale de 30% sur l’ensemble des établissements », l’intersyndicale estime qu’ils sont tous « menacés » et « tous les salariés concernés ». Le Comité central d’entreprise a d’ailleurs voté mardi à l’unanimité un droit d’alerte économique sur la situation du groupe en France et le lancement d’une expertise, avant de suspendre la réunion.

Si « Belfort est dans la lumière,(…) chez nous ça ne va pas fort » non plus, a souligné Jean-Philippe Ducarne, délégué CGT de l’usine de Petite-Forêt, près de Valenciennes (1.200 employés).

Il y a aussi « des inquiétudes pour le site d’Aytré », près de la Rochelle, à partir de 2018″, selon Philippe Massé, délégué CGT de l’usine.

Devant l’usine d’Aytré 200 salariés se sont rassemblés mardi. Au Creusot ils étaient environ 300.  

A Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), une délégation a été reçue par la direction. 

– ‘commandes électoralistes’ –

Lors d’une session extraordinaire du CCE lundi, le PDG Henri Poupart-Lafarge a fait face aux représentants du personnel, pour la première fois depuis que le groupe a annoncé, il y a bientôt trois semaines, son projet d’arrêter la production de trains à Belfort d’ici à deux ans, faute de commandes.

Mais ce fut « une réunion pour rien », selon la CGT. 

Le PDG a confirmé qu’il gelait son plan « jusqu’à ce qu’on ait une réunion avec le gouvernement, a priori d’ici au 4 octobre », selon Claude Mandart (CFE-CGC). 

Pour le leader de la CGT, Philippe Martinez, présent à Saint-Ouen, « Alstom et le gouvernement se renvoient la balle ». « Pour l’instant, on n’a pas entendu la direction dire +on ne fermera pas+ », a-t-il ajouté devant la presse. 

Le constructeur a annoncé le 7 septembre vouloir transférer la production de locomotives de Belfort à Reichshoffen, commune alsacienne située à 200 kilomètres. Il prévoit de conserver dans la cité franc-comtoise seulement de la maintenance.

Pour le faire revenir sur cette décision, l’exécutif cherche les moyens d’apporter « des commandes » au groupe. En coulisses, le gouvernement a mis la pression sur la SNCF, priée de conclure au plus vite une négociation avec Alstom pour l’achat de six TGV pour la ligne Paris-Turin-Milan.

Le patron du Medef Pierre Gattaz a mis en garde mardi le gouvernement contre la tentation de passer des commandes « électoralistes » au groupe, estimant que cela ne résoudra « pas durablement » le « problème ».

A sept mois de l’élection présidentielle, l’avenir du site de Belfort est devenu un enjeu politique, d’autant que l’État possède 20% du capital d’Alstom. François Hollande a fait de son maintien un « objectif ».

Des employés d'Alstom manifestent contre la fermeture de leur usine à Belfort, devant le siège du groupe à Saint-Ouen, le 27 septembre 2016. © AFP

© AFP Sebastien Bozon
Des employés d’Alstom manifestent contre la fermeture de leur usine à Belfort, devant le siège du groupe à Saint-Ouen, le 27 septembre 2016

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