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Après le ski nautique et le kitesurf: le « droneboarding » en Lettonie

Cēsis (Lettonie) (AFP) – Au milieu d’une forêt de pins enneigée, à 100 kilomètres de Riga, le lac gelé de Ninieris offrirait l’image parfaite d’un hiver tranquille, n’était le bruit des seize hélices d’un drone qui passe au dessus tel un essaim d’abeilles en colère… en tirant des snowboarders.

On connaissait le ski nautique et le kitesurf: voici le « droneboarding », à l’état expérimental.

Reliés à l’aide de longues cordes à ce drone puissant, long de trois mètres, les deux snowboarders se lancent dans une série de virages et de glissades à haute vitesse.

La neige fuse de la surface du lac, alors que quelques skieurs de fond et pêcheurs sous la glace observent avec étonnement ce qui pourrait peut-être devenir, un jour, une nouvelle ivresse pour les amateurs de sports d’hiver.

L’unique prototype, fruit du travail des spécialistes lettons de la société Aerones, est testé dans des températures sous zéro. Il est capable de tirer jusqu’à quatre snowboarders à la fois.

« Le test semble être un succès », déclare Janis Putrams, un homme de 35 ans au large sourire, en charge de l’énorme télécommande du drone. 

« Nous avons commencé il y a deux ans. C’était une sorte d’idée qui vous vient à l’esprit un vendredi après-midi, et nous avons voulu savoir si c’était réalisable », explique-t-il. « Nous avons donc construit un petit drone à quatre hélices et nous avons tenté un premier +droneboarding+ il y a environ un an ». 

Mais l’idée était de construire « quelque chose de grand », de voir quelle puissance on pourrait obtenir. « Heureusement, nous avons en Lettonie à la fois de grands ingénieurs et de grands hivers, donc c’est idéal pour le droneboarding », dit Janis Putrams.

Même si les batteries utilisées actuellement donnent une autonomie de vol limitée à dix minutes, ce n’est pas la puissance qui manque: le drone pesant 55 kilos est capable de tirer quatre personnes mais aussi de soulever une charge allant jusqu’à 145 kg.

Théoriquement, il pourrait foncer à 150 km/h, mais une telle vitesse serait trop grande pour les snowboarders, si bien qu’ils évoluent habituellement à 60 km/h au maximum.

Le potentiel des drones dans les sports d’hiver semble considérable. Quel snowboarder ou skieur ne rêve pas de pouvoir monter une pente aussi facilement que la descendre?

Mais le principal attrait d’un drone réside dans sa puissance, selon M. Putrams.

– Opérations de sauvetage –

Après avoir dépensé 35.000 euros pour construire son prototype, Aerones cherche désormais à s’associer avec des entreprises ou des organisations de lutte contre les incendies et de sauvetage, pour passer à l’étape suivante de son projet.

« On n’a pas fait cela seulement pour le droneboarding: nous pourrions utiliser un drone pour cueillir quelqu’un sur le toit d’un bâtiment en feu, ou attacher un tuyau dans un endroit en flammes, inaccessible avec des échelles. Si notre engin avait une alimentation par câble au lieu des batteries, le temps de vol serait illimité », explique M. Putrams.

« La fiabilité et la sécurité sont les principales préoccupations. Les drones s’améliorent rapidement, mais il faudra beaucoup de tests de certification avant de voir un grand nombre de ces engins exploités commercialement, et d’avoir la certitude que seuls des drones sûrs sont utilisés », ajoute-t-il.

Quant aux audacieux snowboarders et autres amoureux de sports d’hiver, les drones sont pour eux porteurs de grandes promesses.

« C’était génial! », s’exclame Davis Ceze, 24 ans. « En fait, c’est plus facile que de faire du snowboard en montagne, parce que c’est plat. Vous n’avez pas besoin de scruter la pente et vous pouvez obtenir des vitesses constantes », explique-t-il.

« C’est vraiment cool. Mais l’objectif ultime serait de pouvoir contrôler soi-même son drone quand il vous tire en snowboard », rêve Anita Leina, 22 ans.

Des snowboarders pratiquent le "droneboarding", le 14 janvier 2017 à Cesis en Lettonie. © AFP

© AFP Ilmars ZNOTINS
Des snowboarders pratiquent le « droneboarding », le 14 janvier 2017 à Cesis en Lettonie

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