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Après Tematai Le Gayic, Moetai Brotherson vient louer Rémy Brillant en meeting


Un mois après avoir participé au meeting de Tematai Le Gayic, qualifié de « meilleur candidat » pour Papeete, le président du Pays a répondu à l’invitation de Rémy Brillant ce mardi soir. Entre Michel Buillard et Teva Rohfritsch, celui qui ne voulait « pas du tout se mêler » des municipales est monté sur scène pour expliquer que le tête de liste Papeete Na mua Roa avait lui aussi « toutes les qualités d’un bon tavana ». Pas question de soutenir Tauhiti Nena, pourtant choisi officiellement par le Tavini : le chef du gouvernement veut des partenaires « intelligents, intègres et honnêtes » dans les mairies.

« On m’avait dit qu’il y avait un meeting en bleu, c’est pour ça que je suis venu… Mais apparemment je me suis trompé de salle ». Sur la scène de la salle polyvalente Blue lagoon, ce mardi soir, Moetai Brotherson joue la carte de la légèreté, mais tout le monde, dans l’assistance sait que sa présence dans ce meeting de Rémy Brillant et de sa liste Papeete Na mua roa, a tout d’un évènement. Le président, précédé sur scène de Teva Rohfritsch et Nicole Bouteau, et assis côte à côte, au premier rang, de Michel Buillard, prend soin de rappeler que ce n’est pas la première fois qu’il s’affiche dans une réunion électorale de ces municipales de Papeete. Le 7 février, il était aussi, au Koo men tang, au premier rang du meeting de lancement de Tutahi ia Papeete, pour soutenir « en tant qu’ami » Tematai Le Gayic, aux côtés, notamment, de Mereana Reid-Arbelot et Vannina Crolas.

Seulement deux candidats « intelligents, intègres et honnêtes »

Un mois plus tard, si l’élu indépendantiste a répondu à l’invitation du dauphin du maire sortant, c’est pour « écouter », « comprendre son programme »… Et par « opportunisme », explique-t-il devant les quelques centaines de militants en blanc et bleu lagon. « En tant que président du Pays, mon intérêt, égoïstement, c’est d’avoir comme partenaire, des maires qui soient à la fois intelligents, intègres et honnêtes. C’est pour cette raison que ce meeting, c’est le second auquel je participe à Papeete et il y en aura pas d’autres » explique-t-il sous un tonnerre d’applaudissements. Pas d’appel à voter pour Rémy Brillant, qui a tout de même « toutes les qualités d’un bon tavana », et « une belle liste, aux horizons variés ».

« Demain, avec Rémy ou avec Tematai, on peut faire des choses » insiste Moetai Brotherson, qui rappelle au passage, comme il l’avait fait au Koo Men Tang, qu’il ne vote pas à Papeete, mais « dans la plus belle commune de la Polynésie », à Huahine. Met-il les deux candidats sur un pied d’égalité ? Pas complètement : au pied de la scène après le meeting, le président assure qu’il « pense toujours que le meilleur candidat, c’est Tematai. Mais je pense qu’il y en a un autre qui est excellent aussi, c’est Rémy Brillant ».

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Un pas de plus hors du Tavini ? Les municipales c’est un autre enjeu que les territoriales

La présence de Moetai Brotherson à ce meeting aura bien sûr un retentissement au-delà de la campagne pour Papeete. Beaucoup, face à la fracture idéologique de plus en plus visible au sein du Tavini, prêtent au président du Pays et à ses soutiens l’ambition de se détacher plus clairement d’Oscar Temaru, voire de lancer leur propre mouvement. Cette prise de position en confrontation directe avec les choix officiels du parti bleu ciel peut être vu comme un pas de détachement supplémentaire. « Si quelqu’un n’a pas encore compris que les municipales c’est un autre enjeu que les territoriales, c’est qu’il n’a rien compris à la politique », répond le chef du gouvernement.

Reste que Tematai Le Gayic et Rémy Brillant ont en commun d’avoir dénoncé les discours « démagogiques » de certains de leurs concurrents, notamment du tête de liste Papeete To’u Oire et candidat officiellement soutenu par le Tavini Tauhiti Nena. Ce soutien, « ce n’est pas le choix que j’aurais fait », pointe Moetai Brotherson, « c’est un candidat que je ne soutiens pas ».

Les listes de Tematai Le Gayic et de Rémy Brillant « très proches dans leur programme et leurs valeurs »

Dans le quatuor de favoris pour cette élection municipales de la capitale, on trouve aussi René Temeharo, qui avait mobilisé une foule impressionnante la semaine dernière dans cette même salle Blue Lagoon, avec au premier rang le président du Tapura Édouard Fritch, qui s’était lui aussi un temps engagé à rester en retrait de la campagne à Papeete. Le double soutien de Moetai Brotherson laisse-t-il deviner les jeux d’alliance du deuxième tour du scrutin ? « Je pense que ces deux listes (celle de Tematai Le Gayic et celle de Rémy Brillant, ndr) sont très proches dans leur programme et dans leurs valeurs, reprend le président du Pays. Après je ne suis pas candidat. S’il y a un deuxième tour, ce sera aux têtes de liste de se rencontrer et de discuter ».

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Des têtes de liste qui ne prennent bien sûr aucun engagement avant de voir les résultats du premier tour. Rémy Brillant, qui vise toujours une élection du premier tour, se dit, après cette soirée, plein « d’optimisme » pour le 15 mars, et explique avoir une « belle équipe » qui  forme un corps, « et je n’ai pas envie de me séparer d’un bras ». René Temeharo et Tauhiti Nena, interrogé sur le sujet lors de leur passage sur le plateau de Radio1, expliquent aussi se concentrer sur leur projet et sur le retour des administrés sans penser à l’entre deux tours. Comme Tematai Le Gayic, qui précisait tout de même, dans le Quart d’heure de campagne, « je ne soutiendrai ou n’accepterai dans mon groupe aucun politique qui fait de la démagogie ou du populisme à l’intérieur de ces élections ».

Se mêler de la campagne, finalement oui, mais sans les « moyens du Pays »

Ce double soutien de Moetai Brotherson est aussi une double entorse à la règle que le président s’était lui-même fixée, celle de « ne pas se mêler du tout » de la campagne municipale. Le président cherche aujourd’hui à nuancer cet engagement : « Quand j’ai dit que je ne m’en mêlerais pas, c’est que dans le passé, si j’étais vraiment venu en tant que président, je serais venu avec une grosse voiture noire, il y aurait eu des agents de la sécurité du Pays qui m’auraient accompagné jusqu’à mon siège, et je ne serais certainement pas venu avec ma voiture personnelle. C’est dans ce sens là : j’ai interdit de l’utilisation de tous les moyens du Pays dans le cadre de cette campagne, explique-t-il, même si cette interdiction relève avant tout de la loi. J’ai certains de mes ministres qui soutiennent certaines listes, je leur ai interdit d’être sur les listes, ils l’ont respecté, en revanche quand ils vont dans les meetings, ils y vont avec leurs moyens personnels ».

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