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Argent public pour Koh-Lanta : il faut au contraire s’en réjouir – Edito 18/02/2021

Le bad buzz d’hier c’était l’annonce d’un soutien public local à hauteur de 300 millions de francs pacifiques à la production d’une nouvelle saison de l’émission Koh-Lanta. Un engagement a été pris dans ce sens par le Président Edouard Fritch dans un courrier adressé à la productrice métropolitaine Alexia Laroche-Joubert début janvier. C’est majoritairement un important élan de mécontentement qui s’est fait jour sur les réseaux sociaux – ça ne change pas trop de d’habitude vous me direz – sauf qu’en l’espèce cela ne se justifie pas, du moins pas à ce point.

Plus que pour n’importe laquelle de mes autres chroniques il se trouve qu’ici je sais précisément de quoi je parle. Non seulement en tant que producteur qui a déjà fait venir au Fenua des programmes nationaux qui s’y sont tournés, mais aussi par rapport à mes diplômes – excusez-moi – et mon autre activité de consultant qui me permettent d’avoir une idée très claire de la dimension économique de cette filière. Et j’ai pour vous un scoop : on n’attire par les mouches avec du vinaigre.

A l’heure où la Polynésie se doit de trouver des pistes de diversification économique la filière cinématographique et audiovisuelle représente un potentiel totalement sous-exploité. Pour le coup j’estime donc que le Président Fritch et son gouvernement ont absolument pris la bonne décision. J’aime bien critiquer quand c’est mérité, mais j’aime aussi soutenir quand le bon sens sort vainqueur des esprits de nos politiques et que l’opinion publique s’empresse de faire des procès d’intention sur un effet d’annonce sans se douter ce qu’il y a derrière.

Pour commencer soyons clairs, si la Polynésie n’avait rien donné, une deuxième saison ne serait pas venue se tourner, point barre. Après par contre on pourra toujours discuter du montant de l’aide. Toutefois l’erreur d’interprétation qui est faite dans ce cas est de croire qu’on va donner 300 millions en cash directement pris du budget du Pays. Enfin, en tout cas j’essaie de m’en convaincre, car à moins d’avoir été conseillé par des agents doubles qui vous veulent du mal, c’est normalement censé se traduire majoritairement par de la valorisation d’aides logistiques et du crédit d’impôt. Sans rentrer dans des détails barbants, c’est une sorte d’exonération fiscale. Et je peux vous dire qu’en l’absence d’un Bureau d’accueil de tournage de type Film Office, et avec des aides accordées à la tête du client la plupart du temps sans trop savoir de quoi il est vraiment question, estimons-nous chanceux car nous sommes loins d’être attractifs et crédibles sur le marché international pour devenir une destination de tournage incontournable.  C’est dommage parce que c’est très rentable quand c’est géré par des pros qui savent de quoi ils parlent et qui ont du réseau. Un franc d’aide publique équivaut ensuite la plupart du temps à 3 ,ou 4 francs même, dépensés sur place par la production, directement dans l’économie du Pays. Ce n’est donc pas bien pertinent de faire ici la fine bouche. Comme dirait Fortuné Sarfati  (NDLR : personnage fictif de sketch de Feu l’humoriste Elie Kakou) : « Tu as compris le coup ? Après je t’explique … »

 

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