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Assemblée : vers un nouveau groupe autour de Nicole Sanquer et Nuihau Laurey

Teura Tarahu-Atuahiva, Bernard Natua, Félix Tokoragi ont démissionné du groupe Tapura à l’assemblée. Vaitea Le Gayic a quitté celui du Tahoeraa. Le compte est bon : ils seront six, avec Nicole Sanquer et Nuihau Laurey, juste assez pour former un nouveau groupe à l’assemblée de la Polynésie, A Here ia Porinetia. 

Le projet n’est pas nouveau, on en avait vu les prémisses dès le mois de mai, quand Nuihau Laurey s’était démarqué du Tapura, particulièrement sur ce qu’il convenait de faire en matière de finances publiques pour faire face à la crise provoquée par le covid-19. Le parti présidentiel lui avait montré la porte sans équivoque, et début juin Nuihau Laurey démissionnaire avait rejoint Nicole Sanquer sur les bancs des non-inscrits.

Depuis, les couloirs de l’assemblée bruissaient de la formation d’un nouveau groupe. L’opération s’avérait impossible entre les deux tours des municipales. À présent qu’on y voit plus clair,  et que les bons et les mauvais points ont été distribués, les élus sont devenus plus réceptifs au chant des sirènes qui veulent pimenter la vie parlementaire à Tarahoi.

Trois élus Tapura et une élue Tahoeraa ont donc démissionné de leurs groupes respectifs. Ils vont former un nouveau groupe, A Here Ia Porinetia, avec les deux non-inscrits Nicole Sanquer et Nuihau Laurey, tous deux également parlementaires à Paris.

Bernard Natua, élu des Tuamotu Ouest, qui était devenu la 39e voix du Tapura en juillet 2018 en quittant le Tahoeraa, refait sa valise. Parmi ses griefs envers le Tapura, le Schéma d’aménagement général (Sage) de la Polynésie française dans lequel figure encore le projet d’exploitation des phosphates de Makatea, qu’il conteste.

© Nicolas Perez

Teura Tarahu-Atuahiva, qui avait insisté pour faire cavalier seul aux élections municipales à Faa’a et récolté 7,66% des suffrages, a vu la présidence de la Commission de contrôle budgétaire et financier de l’APF (dont elle est vice-présidente depuis l’an dernier) lui échapper cette année.

©CP/Radio1

Félix Tokoragi, maire de Makemo et élu à l’assemblée de la section Tuamotu Est et Gambier, avait rejoint le Tapura en mai 2018. En bon petit soldat, il était même intervenu à l’ONU, en octobre 2018, pour s’opposer à la « décolonisation » de la Polynésie française. Réélu au premier tour des municipales avec 53,73% des voix, il espérait la présidence du Syndicat à vocation multiple des Tuamotu-Gambier (SIVMTG) qui est finalement restée dans les mains du sortant, Ernest Teagai, alors que le Tapura soutenait le maire des Gambier Vai Gooding qui n’a obtenu que 3 voix.  Et, comme de nombreux tavana, il estime que les maires ne sont pas suffisamment associés à la gestion de la crise sanitaire.

© Nicolas Perez

Quant à Vaitea Le Gayic, c’est avec l’aval de Gaston Flosse, qui soutient Nuihau Laurey pour les prochaines élections sénatoriales, qu’elle vient prêter main forte au nouveau groupe, auquel elle sera apparentée.

© Nicolas Perez

Le bureau de l’assemblée de la Polynésie doit encore acter, ce jeudi matin, la création de A Here ia Porinetia, dont la présidence sera assurée par Nicole Sanquer. L’élue a finalement été exclue du Tapura le 8 août dernier.

Avec la création de ce nouveau groupe, le Tapura se réduirait à 35 sièges à l’assemblée, sans que sa majorité ne soit remise en cause, et le Tahoeraa n’en aurait plus que 8.

 

 

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2 Commentaires

  1. l'Abeille
    20 août 2020 à 7h47 — Répondre

    Pourquoi pas, mais il faudra éviter que les brebis « galeuses » viennent s’y insérer !!!

  2. MATA
    20 août 2020 à 13h22 — Répondre

    Encore des mécontents qui n’ont pas eu leur petites sucettes…quelle comédie cette assemblée en polynésie. Et de lire sur tntv que ces mécontents discréditent les élus….POUHAHA…il faudrait déjà avoir du crédit pour être discrédité. Une génération de politiciens qui devraient démissionner car ils sont la cause des plus grands maux dont souffre le peuple en polynésie. Tellement habitués ces 30 dernières années à vivre sur les rentes de la FRANCE sans hésiter à cracher sur cette dernière et pire dans tout ça en ne redistribuant cette manne financière qu’à une infime partie des polynésiens les plus dociles pour au final diviser tout un peuple. NUNAA A TIA.

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