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Attentats de Paris: un des complices de Salah Abdeslam transféré en France

Paris (AFP) – Un nouvel homme sur le banc des accusés lors du futur procès des attentats de Paris ? Hamza Attou, qui avait exfiltré Salah Abdeslam après les tueries du 13 novembre, a été transféré mercredi en France où il a été mis en examen et écroué.

Ce Belge de 22 ans a été remis aux autorités françaises « en exécution du mandat d’arrêt européen » délivré à son encontre fin avril par les autorités françaises, a indiqué jeudi le parquet fédéral belge.

Il a été mis en examen mercredi pour « recel de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste » et écroué, a annoncé de son côté à l’AFP le parquet de Paris.

Hamza Attou était allé chercher, avec un de ses amis, Mohamed Amri, 27 ans, également inculpé dans ce dossier, Salah Abdeslam, seul membre des commandos parisiens encore en vie, à Paris le soir des attaques et l’avait ramené à Bruxelles. 

Sur le chemin du retour, le trio avait été contrôlé à trois reprises par la police française, mais n’avait pas été interpellé.  

Devant les enquêteurs belges, Hamza Attou a expliqué que Salah Abdeslam leur avait téléphoné le 13 novembre, vers 23 heures, pour qu’ils viennent le récupérer « car il avait eu un accident », selon une source proche du dossier.

D’après ses déclarations, qui ont varié au fil des auditions, ils ont su que Salah Abdeslam avait participé aux tueries seulement après l’avoir rejoint.

– « Je me vengerai » –

Il nous a dit qu’il était « le seul survivant de ces attentats » et ajouté +ils vont payer pour la mort de mon frère (Brahim, l’un des kamikazes de Paris, ndlr). Je me vengerai+ », a rapporté Attou aux enquêteurs, selon la source. 

Abdeslam lui aurait aussi confié que sa ceinture d’explosifs n’avait pas fonctionné le soir du 13 novembre. 

Une fois arrivé à Bruxelles, Attou aurait accompagné le dixième homme des commandos parisiens dans un marché où ce dernier se serait procuré de nouveaux vêtements et chez le coiffeur, où il « s’est fait raser » et « réduire les cheveux », avant de l’amener rejoindre un troisième homme, Ali Oulkadi, qui l’a conduit dans une cache de la commune bruxelloise de Schaerbeek. 

Amri et Attou avaient été arrêtés dès le 14 novembre à Molenbeek et inculpés en Belgique. 

Ce dernier s’était opposé à son transfert vers la France, mais la justice belge avait donné début juin son feu vert, à la condition qu’il purge sa peine éventuelle en Belgique. 

Hamza Attou est le second suspect à être remis à la justice française dans le cadre de cette enquête. 

Salah Abdeslam, interpellé le 18 mars à Molenbeek après une cavale de quatre mois, a été transféré en France le 27 avril et mis en examen pour assassinats à caractère terroriste. 

Depuis, il est incarcéré à Fleury-Mérogis et a exercé son droit au silence devant les juges d’instruction français. 

A ce jour, quatre autres mandats d’arrêt européens, concernant des suspects inculpés en Belgique, ont été délivrés par la France dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Paris et de Saint-Denis qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés. 

Soupçonné d’avoir joué un rôle de premier plan dans la préparation des tueries, Mohamed Abrini sera remis aux autorités françaises, mais pas « dans l’immédiat », a indiqué la justice belge. Il est en effet également mis en cause dans les attaques qui ont frappé le 22 mars la capitale belge, ayant reconnu avoir été le troisième homme présent aux côtés des deux kamikazes de l’aéroport de Bruxelles ce jour-là. 

Les trois autres mandats d’arrêt concernent Mohamed Amri, Ali Oulkadi et Mohamed Bakkali, suspecté d’avoir joué un rôle dans la préparation des attentats de Paris.

La police belge devant un tribunal de Bruxelles le 20 novembre 2015 au moment de la comparution de Hamza Attou. © AFP

© BELGA/AFP/Archives NICOLAS LAMBERT
La police belge devant un tribunal de Bruxelles le 20 novembre 2015 au moment de la comparution de Hamza Attou

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