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Au « DreamLab » de Tuhiva Morgan, « la créativité aussi ça se travaille »

Le guitariste, actif entre autres au sein des White Seeds ou de Magic Castle, a ouvert ce lundi à Taunoa un nouvel espace consacré au son. Un « DreamLab » qui accueille une école de musique axée sur le partage, la scène et la créativité plutôt que sur l’apprentissage académique, un studio d’enregistrement et de production. Et qui doit même proposer des prestations de sonorisation. Tuhiva Morgan, qui s’est inspiré de sa propre formation au Musicians Institute de Los Angeles, veut ainsi faire se croiser dans un même espace les professionnels du son et les musiciens en herbe, et aider à développer l’industrie musicale made in fenua.

Le DreamLab devait déjà ouvrir en décembre et proposer même des stages aux enfants mais les travaux ont pris un peu de retard, et c’est finalement à la rentrée de janvier que l’espace a été officiellement ouvert. Pensé et créé par Tuhiva Morgan, guitariste bien connu des scènes locales, il a été pensé comme un espace tout en un : un pôle formation, un pôle production enregistrement et un pôle plus commercial avec des prestations de sonorisation pour des événements. Cette idée lui est venue il y a quelques années et il a commencé à y travailler sérieusement l’année dernière. Son objectif : « contribuer à l’industrie musicale polynésienne » en accompagnant les artistes du fenua dans leur progression. Des formations seront proposées en guitare, basse, batterie, piano, chant et MAO (musique assistée par ordinateur), avec des cours collectifs et des rassemblements un samedi par mois pour préparer tout ce petit monde à la scène.

« L’aspect scénique » et le « partage » plutôt que l’apprentissage académique

« Le conservatoire, c’est toujours considéré comme une école assez académique. C’est très bien parce qu’il y a la lecture des partitions et le déchiffrage des morceaux. Mais nous, on va plutôt mettre en avant l’aspect scénique, le partage en tant que musicien, plutôt que le côté académique », explique Tuhiva Morgan quand on lui demande la différence entre son école et les autres, notamment le conservatoire artistique.

Mais la grande différence c’est surtout cet espace où on trouvera aussi des professionnels qui viendront concrétiser leurs projets grâce au studio d’enregistrement et de production et les prestations en sonorisation d’événements. Finalement Tuhiva Morgan s’inspire de ce qu’il a vu et vécu au Musicians Institute de Los Angeles où il était élève pendant deux ans, après avoir remporté le Tahiti Festival Guitare en 2012 : « Une formation qui m’a beaucoup aidé dans mon parcours musical. Ça a tout changé. Travailler avec des artistes, des producteurs, c’est ça qui m’a ouvert l’esprit. »

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« L’inspiration se travaille aussi « 

DreamLab c’est une équipe de cinq personnes avec un professeur pour chaque instrument. Pour le reste, Tuhiva Morgan s’est associé avec deux ingénieurs du son, le batteur Kae Drollet et le bassiste Robin Cornillon. Ce sont eux qui guideront les élèves et les artistes du fenua dans leur accomplissement professionnel et assureront les prestations en sonorisation d’événements. Si dans l’imaginaire collectif, un artiste est une personnalité torturée qui laisse parler ses sentiments et ses émotions à travers son art, c’est aussi (voir même plutôt) un métier qui s’apprend.

« L’inspiration se travaille aussi. La créativité, c’est quelque chose que tu travailles. Que tu sois écrivain, artiste, peintre ou musicos, il y a toujours quelque chose qui fait que tu forces un peu la porte. Tous les jours, il faut se présenter derrière sa feuille de papier ou derrière son instrument pour aller chercher cette inspiration. Il y a tout un tas de règles qu’il faut comprendre et connaître avant de vraiment pouvoir ‘break free’ et en faire ta sauce. Tout ça, ça s’apprend. »

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Tuhiva Morgan collabore régulièrement avec des musiciens et des groupes : comme Magic Castle, le all stars band qui avait fait l’avant-première de The Dire Straits Experience ou encore White Seeds qui avait assuré la première partie de Soja. Bref, un habitué de la scène qui veut désormais transmettre sa passion tout en continuant ses projets personnels, il est « en train de préparer quelque chose avec des artistes pour 2026 » mais ne veut pas en dire plus.