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Aulnay: Théo, victime d'un viol présumé, appelle les jeunes au calme

Aulnay-sous-Bois (AFP) – François Hollande s’est rendu mardi au chevet de Théo à l’hôpital d’Aulnay-sous-Bois, d’où le jeune homme de 22 ans, victime d’un viol présumé lors d’une arrestation brutale, a appelé les jeunes de son quartier à ne « pas faire la guerre » et à « rester unis ».

Le chef de l’État, resté une demi-heure avec le jeune homme et plusieurs membres de sa famille, a expliqué qu’il entendait par sa présence « souligner combien » Théo, un « jeune qui avait toujours été connu pour (son) comportement exemplaire », « avait réagi avec dignité et avec responsabilité après ce qui lui est arrivé ».

D’une voix fatiguée, Théo a exhorté les jeunes à ne « pas faire la guerre » et à « rester unis », affirmant avoir « confiance en la justice ».

Dans une allusion aux violences qui se sont produites ces trois dernières nuits dans la cité des 3.000, où des policiers menacés ont procédé à des tirs de sommation à balles réelles, il a dit vouloir retrouver sa ville « comme il l’avait laissée ». 

Dix-sept jeunes seront présentés mercredi à la justice, parmi lesquels onze mineurs, pour la plupart soupçonnés d’avoir préparé des attaques contre les forces de l’ordre lors de ces échauffourées.

Selon le récit de Théo, qui a fait état de « coups », de crachats et d’insultes lors de son interpellation, un des fonctionnaires lui a « enfoncé volontairement » une matraque dans les fesses. Dimanche, un des policiers, âgé de 27 ans, a été mis en examen pour viol et ses trois collègues de 24, 28 et 35 ans pour violences volontaires en réunion. Les quatre hommes ont été suspendus.

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a réclamé mardi « la plus grande fermeté » quand « il y a des manquements graves » des forces de l’ordre.

Selon son avocat Eric Dupont-Moretti, le jeune homme « va très mal, comme un gamin qui a été violé ». « Physiquement, il y a des dégâts qui sont considérables: il porte une poche on ne sait pas si c’est définitif ou provisoire. Le colon a été touché (…). Psychologiquement, il est démoli », a-t-il dit sur BFMTV.

A Aulnay-sous-Bois, une délégation de cinq mères de famille du quartier a été reçue pendant une heure dans l’après-midi par la commissaire. 

Le préfet de police de Paris les a brièvement rencontrées. « Les policiers sont sont là pour protéger les citoyens et, si des actes contraires à la déontologie et à la loi sont commis, ils doivent être fermement sanctionnés », a déclaré Michel Cadot à l’AFP, tout en soulignant « qu’en aucun cas les violences urbaines de ces derniers jours ne sauraient être justifiables ».

– Dispositif policier renforcé –

Aux 3.000, la cité où vit le jeune homme, la tension restait vive mardi, après des incidents lundi soir, pour la troisième nuit consécutive. 

« Au vu des événements de la nuit dernière, le dispositif sera encore renforcé mardi soir », a indiqué une source policière à l’AFP. 

Dans la nuit de lundi à mardi, des policiers, pris à partie, ont procédé à des tirs de sommation à balles réelles, ont indiqué des sources policières. 

Les fonctionnaires se sont retrouvés face a des individus « très déterminés », « armés de boules de pétanque, de barres de fer et de cocktails Molotov », a détaillé Didier Dos Santos, du syndicat Unité-SGP. « Isolés », « ils n’ont pas eu d’autre choix que de faire usage de leur arme », a-t-il ajouté.  

Selon des sources policières, entre cinq et dix véhicules ont été incendiés et deux restaurants, des véhicules de police et de secours dégradés. Durant le week-end, des incidents avaient déjà eu lieu.

Ces « émeutes » ont été dénoncées mardi par la candidate FN à la présidentielle, Marine Le Pen.

Un terme récusé par le maire LR d’Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza. « Pour le moment, il s’agit de troubles à l’ordre public », a dit cet ancien policier.

La France insoumise, mouvement créé autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, a fustigé le « scandale de trop ».

En soutien à Théo, plusieurs centaines de personnes ont manifesté mardi à Paris en début de soirée dans une ambiance tendue, encerclées par des dizaines de policiers casqués.

Des policiers déployés à Aulnay-sous-Bois, près de Paris, le 7 février 2017. © AFP

© AFP GEOFFROY VAN DER HASSELT
Des policiers déployés à Aulnay-sous-Bois, près de Paris, le 7 février 2017

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