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Aux enchères, la recherche de la perle rare

Les stocks de deux bijouteries, liquidées ces derniers mois, étaient mis aux enchères ces vendredi et samedi. Dans la salle, des particuliers à la recherche d’une pièce d’exception abordable, et des professionnels qui parient sur une reprise rapide du marché.

« 820 000 c‘est bien vu, 820 000, adjugé » et vendu à un professionnel qui a gardé son numéro levé pendant de longues minutes pour arracher le lot. Ce numéro 40 regroupe plusieurs sachets remplis de perles percées de petit diamètre. Pas la meilleure qualité, mais ces quelque 11 200 perles – environ 70 francs la pièce au final – trouveront preneur « sans problème ». Hier soir et ce matin, dans l’entrepôt utilisé par les enchères Chevallier à Tipaerui, ils étaient quelques dizaines à être venu pour une chasse aux affaires étincelante. Parmi les stocks mis en vente en cette fin de semaine, ceux de l’EURL Michel Fouchard, bijoutier bien connu du front de mer, et de la SAS Tahiti Rava Rava Pearl, société qui disposait elle aussi de stocks importants. Deux liquidations, au milieu d’une période réputée difficile pour le secteur, touché de plein fouet par la crise sanitaire et touristique. « Pour l’instant on n’observe pas de fermeture en série, nuance tout de même Me Laura Chevallier, commissaire priseur de Polynésie depuis début 2020. Mais c’est sûr que ce sont des ventes qui peuvent intéresser du monde, du côté des professionnels comme des particuliers ».

Chasse au gros

Des professionnels qui se sont surtout battus pour le « gros ». Jusqu’à 20 000 perles – de diamètres et de qualités très disparates – par lot, parfois mises à prix à moins de 20 francs la pièce. « Il faut avoir l’œil pour savoir ce que ça vaut » confie l’un d’entre eux, aussi intéressé par les vitrines et autres meubles, et par certains lots plus petits mais « très particuliers ». Et il y en avait pour tous les goûts ce vendredi : nues, percées ou serties, seules ou en petits lots, aubergines, vertes ou noires, de Rikitea ou de Ahe, rondes ou semi-rondes… Certaines, de même que des colliers ou et autres bijoux, sont mises à prix à 10 ou 15% du prix indiqués sur l’étiquette originelle du commerçant. « Mais ça il faut pas trop y faire attention, indique un autre professionnel, qui lui aussi, préfère rester discret sur ses achats. Il faut voir de ses yeux et connaitre le marché, c’est tout ».

« Ceux qui y croient »

La plupart des bijoux déjà travaillés ont été achetés par des particuliers. « C’est la seule façon de pouvoir se payer des perles qui sont vraiment belles, et qui coûtent trop cher ailleurs », explique une participante, en attente d’une perle AAA de 15 mm de Rikitea. Les prix de mise en vente sont effectivement alléchants, mais les enchères les multiplient fréquemment par deux, trois ou quatre. « C’est presque un bon plan de vendre ici », rigole un négociant. Comment estimer les prix dans un marché si abattu par la crise ? « Ça a bougé, mais ça ne s’est pas effondré, indique le même spécialiste qui assure que les chiffres d’export du premier trimestre sont même « bons ». Depuis l’année dernière, la production a baissé, les acheteurs sont revenu. L’offre et la demande continue de jouer ». Pour les grossistes, l’Asie reste le marché porteur, et la fermeture des vols ne facilite certes pas les choses. « Mais on continue à exporter, il y a des perles qui partent tous les dimanche », rassure-t-il. Ce serait surtout du côté de la vente locale que des acteurs seraient en souffrance : « mais ceux qui y croient vont s’en sortir », assure un commerçant.

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