
Des salles d’attente plus confortable, quelques coups de pinceaux, une meilleure information des patients grâce à une signalétique plus précise et des aides-soignants à l’accueil… Les urgences du CHPF ont bénéficié « d’actions flash » pour le confort des patients, mais c’est aussi toute l’organisation du service qui a été réactualisée. Désormais les 52 000 patients reçus chaque année seront orientés vers des parcours de soins différents en fonction de l’urgence des situations. Les urgences mineures, seront dorénavant orientées vers un généraliste de l’hôpital entre midi et minuit.
Après le laboratoire de biochimie-pharmacotoxicologie qui s’est doté depuis le 15 janvier d’une chaîne d’automation dernier cri, c’est au tour du service des urgences de faire peau neuve. Un accueil plus performant, des salles d’attente modernisées, un point d’eau mais aussi une boîte à suggestions… De quoi « améliorer le confort » des 52 000 patients reçus chaque année. Des « actions flash » à faible coût pour l’établissement, selon Hani Teriipaia, la directrice de l’hôpital, mais qui ont un « impact important » pour les malades. « En plus des équipes soignantes, nous avons mis des aides-soignantes à l’accueil. Leur rôle, c’est d’évaluer la situation, de voir comment vont les patients, ce dont ils ont besoin en attendant leur tour… », explique-t-elle. Et cela concerne surtout les patients les moins urgents, puisque les cas graves sont pris en charge immédiatement.
Au delà de ces améliorations « de confort », il est aussi question d’une réorganisation plus profonde du service. Désormais, quatre « filières de prise en charge » sont distinguées : urgences vitales, majeures, relatives ou mineures. En fonction de la gravité, les patients sont donc orientés vers un parcours spécifique. Une « avancée majeure », selon le chef du service Tony Tekuataoa, qui doit permettre « d’améliorer la qualité de la prise en charge ».
Les urgences mineures redirigées vers un généraliste de l’hôpital
Il faut dire que les urgences du CHPF sont régulièrement pointées du doigt – dans des « coups de gueule » sur les réseaux sociaux notamment – pour leur lenteur, voire leur inefficacité. La faute à l’afflux de cas nécessitant une consultation non urgente, laissent entendre les urgentistes : 900 patients par mois en moyenne pourraient simplement se rendre chez un médecin de ville. Ceux-là sont désormais redirigés, entre midi et minuit, vers un généraliste de l’hôpital.
Dans les box de soins du service, trois médecins sont affectés aux urgences majeures et relatives. Les cas les plus graves sont quant à eux pris en charge dans la salle des urgences vitales, qui dispose de son propre médecin référent. « Ce qui est important, c’est la pérennité de la salle d’accueil des urgences vitales, mise en place pendant le Covid un peu dans l’urgence, explique Tony Tekuataoa. Avec le soutien des Jeux Olympiques, nous avons pu l’ouvrir, et maintenant on la garde pour la population. C’est ça le cœur des urgences, pas les consultations de médecine générale. »
La directrice du CHPF se félicite bien sûre de ce projet qui a pris forme « grâce à la communauté médicale » et reconnaît que le gros du travail reste à faire. Car le centre hospitalier, ouvert en 2010, doit subir ses prochaines années, d’importants travaux de rénovation. Toitures, dalles, réseaux… Coût global des réhabilitations : environ 15 milliards de francs. Les chantiers sont nombreux et devront être priorisés, une étude à 25 millions de francs a d’ailleurs été commandée par le ministère pour permettre aux « consultants en bâtiment » de déterminer exactement le temps à consacrer à chaque chantier, leur phasage et mais aussi leur programmation.