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Avant son investiture, Trump promet rassemblement… et rupture

Washington (AFP) – Donald John Trump a promis jeudi, à la veille de la passation de pouvoir à Washington, de « rassembler » les Américains alors que les plaies de l’élection présidentielle ne sont pas pansées.

« Nous allons faire en sorte que l’Amérique soit grande pour tout le monde, partout dans le pays », a déclaré l’homme d’affaires républicain de 70 ans, qui prêtera serment vendredi comme 45e président des Etats-Unis, sur les marches du Lincoln Memorial, en conclusion d’un concert gratuit en son honneur devant des milliers de partisans.

Le milliardaire avait atterri peu après midi jeudi sous un ciel nuageux à la base militaire d’Andrews en provenance de New York, à bord d’un avion de la flotte présidentielle où son épouse Melania, ses enfants et ses petits-enfants avaient également pris place.

Il s’est d’abord rendu au Trump International Hotel de Washington, ouvert à l’automne à quelques centaines de mètres de la Maison Blanche, avant de déposer une gerbe sur la tombe du soldat inconnu au cimetière d’Arlington, en compagnie de son vice-président Mike Pence.

Toujours en famille, il a ensuite assisté à une partie du concert donné en son honneur au Lincoln Memorial, monument de marbre en l’honneur du 16e président américain, à qui il a adressé un bref salut militaire en arrivant.

L’acteur Jon Voight, père d’Angelina Jolie, et la star de country Toby Keith étaient les têtes d’affiche de cet événement à la tonalité patriotique, ponctué par un feu d’artifice. Nombre de spectateurs portaient la casquette rouge emblématique de la campagne, avec l’inscription « Make America Great Again », un slogan encore repris par le magnat.

S’adressant aux Américains « oubliés », il a promis que sa présidence marquerait un tournant dans la vie du pays.

« Nous allons ramener nos emplois. Nous n’allons plus laisser les autres pays voler nos emplois. Nous allons développer notre grande armée », a-t-il lancé lors de ce discours de cinq minutes. « Nous allons renforcer nos frontières. Nous allons faire des choses qui n’ont pas été faites depuis de nombreuses décennies ».

Le successeur de Barack Obama devait encore participer à un grand dîner dans l’imposante gare Union Station, et il dormira à Blair House, la résidence réservée aux hôtes de marque en face de la Maison Blanche.

– Changement de direction –

Sur le National Mall, le grand parc qui relie le Lincoln Memorial au Capitole, les partisans du républicain sont venus en nombre célébrer une nouvelle ère.

« J’ai l’impression de revivre la révolution américaine », témoigne Jake, de Californie. « On a repris notre culture, on a repris notre pays, car nous étions vraiment menacés par l’establishment, par les médias, par les célébrités ».

La cérémonie d’investiture aura lieu en plein air au Capitole vendredi matin. Après avoir prêté serment sur la Bible, peu avant le début de son mandat à midi (17H00 GMT) comme le stipule la Constitution, il prononcera un discours d’une vingtaine de minutes.

« Ce ne sera pas un programme détaillé, plutôt un document philosophique, sa vision de l’avenir du pays, du rôle du gouvernement et du rôle des citoyens », a déclaré son porte-parole Sean Spicer lors d’une conférence de presse à Washington. 

Donald Trump entend donner rapidement des gages à ses électeurs qui attendent de lui qu’il dynamite le statu quo. Les premiers décrets qu’il signera dès vendredi –et à partir de lundi pour les plus importants– symboliseront cette rupture.

« Il est déterminé à promulguer dès le premier jour, mais également aux deuxième et troisième jour, un vrai programme de changement », a insisté Sean Spicer.

– Obama appelle Merkel –

On ignore le contenu de ces premiers décrets mais les promesses de campagne du candidat à ses partisans devraient figurer en bonne place: la construction du mur avec le Mexique, l’interdiction à ses responsables gouvernementaux de se reconvertir dans le lobbying pendant cinq ans, le début de l’abrogation de la loi sur la santé Obamacare, peut-être des décisions contre l’immigration clandestine, sur l’environnement ou le code du travail.

De Mexico à Davos en passant par Pékin, le reste du monde s’interroge sur l’ampleur du changement de politique américaine dans les domaines du commerce et du climat, ou dans les dossiers ukrainien et syrien. Les grands patrons américains, alléchés par la promesse d’une baisse des impôts, vivent en même temps dans la crainte des tweets rageurs du nouveau président.

A la veille de son départ, Barack Obama a tenu à téléphoner à la chancelière allemande Angela Merkel, quelques jours après les propos très critiques de son successeur républicain à l’égard de la politique migratoire allemande.

Pour assurer la continuité, l’émissaire du président Obama auprès de la coalition internationale luttant contre le groupe Etat islamique, Brett McGurk, va rester en poste, a annoncé le porte-parole de Donald Trump, ainsi que plus de 50 autres responsables, notamment à la Défense ou dans le domaine de la lutte antiterroriste.

Le président élu Donald Trump lors de son discours au Mémorial Lincolnle 19 janvier 2017 à Washington. © AFP

© AFP Brendan Smialowski
Le président élu Donald Trump lors de son discours au Mémorial Lincolnle 19 janvier 2017 à Washington

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