EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Avis de recherche : où sont les documentaires des jeunes polynésiens ? – Edito 11/02/2020

Le FIFO c’est une bonne occasion pour tous les amateurs de cultures du monde de s’enrichir, c’est indéniable. Avec des séances de projection qui affichent quasiment toujours complet ce Festival est un succès populaire, en tout cas localement.

Par contre ce n’est pas du tout la même chose pour la cérémonie de clôture, c’est à se demander ce qui se passe, la fréquentation se réduit à peau de chagrin un peu plus année après année. Au moment de la remise des prix certains lauréats ne sont même pas présents pour récupérer leur récompense, pourquoi donc ? Y remporter quelque chose n’aurait-il aucun enjeu ?

J’ai voulu creuser et j’ai fait une recherche par mots clés sur plusieurs moteurs de recherches pour voir si les médias en dehors de la Polynésie s’étaient intéressés au palmarès final de cette édition 2020. Comment vous dire ? Bah pas vraiment. En dehors de RFI et France 24 qui en bons élèves du service public ont sorti des papiers, et une brève sur le site de Radio New Zealand, c’est le calme plat.

Au FIFO on y a déniché malgré tout quelques pépites qui se traduisent tous les ans par de jolies soirées à passer devant les chaînes locales de France Télévision, mais c’est dommage à quelques mois de la fermeture de France Ô qu’aucun patron de chaînes tv françaises spécialisées dans le documentaire ne daigne honorer de leur présence ce festival. Au bout de 17 éditions on aurait pu espérer que sur un malentendu ne serait-ce qu’un responsable des achats du canal Chasse et Pêche aurait fait le voyage.

Autre héritage du FIFO le fait d’avoir permis au Fenua la création de dispositifs d’aide à la création audiovisuelle. Toutefois, et là c’est de la responsabilité du Pays, on à tendance à chercher désespérément tous ces jeunes professionnels de l’audiovisuel qui étaient censés émerger grâce à ces financements. Le jury de présélection du festival ne croule pas sous les propositions de films « Made in » Polynésie française. Force est de constater que ce dispositif est en fait « trusté » par un petit noyau de besogneux rodés au ficelage de dossiers de demande d’aides. Et quand on tend l’oreille encore un peu plus, on se rend compte qu’il génère auprès de très nombreux professionnels locaux de la filière un sentiment de défiance et de malaise car il serait géré et attribué sur fond de soupçons de conflits d’intérêts. Tiens donc …

Un petit exemple entre autres aberrations : aujourd’hui un jeune polynésien qui n’a pas réussi à vendre en amont son projet à une chaîne de télé et qui voudrait diffuser son œuvre partout où on consomme maintenant des programmes, à savoir sur les plates formes de streaming ou de VOD, est exclu de toute forme d’aide. C’est ballot.

Allez, on conclut quand même sur une bonne nouvelle, le responsable des achats de Chasse et Pêche pourra se déplacer à Ménigoute entre le 27 octobre et le 1er novembre 2020, pour un autre FIFO, le Festival International du Film Ornithologique. Promis ça existe…

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