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Beyoncé contre Adele lors de Grammys aux accents politiques

Los Angeles (AFP) – Le duel de superstars Adele et Beyoncé battait son plein dimanche lors d’une soirée des Grammy Awards aux accents politiques et où la légende rock David Bowie a reçu plusieurs prix posthumes.

La diva britannique Adele avec son opus « 25 » et la pop-star Beyoncé avec son album-concept « Lemonade », sont les deux grandes favorites de la nuit, concurrencées par le canadien Drake et l’idole des jeunes filles Justin Bieber pour les principaux prix.

Beyoncé a ébloui le public des Grammy Awards dans une performance en forme d’ode à la maternité où elle a dévoilé pour la première fois devant les caméras son ventre rebondi de femme enceinte.

La diva a annoncé il y a moins de deux semaines que son mari, le rappeur vedette Jay Z, et elle attendaient des jumeaux.

Dans une mise en scène spectaculaire – accueillie par une ovation debout dans le théâtre du Staples Center de Los Angeles – elle est d’abord apparue de profil quasi nue dans une vidéo où elle ne porte qu’un bikini en chaine dorée.

Vêtue d’une robe dorée et brodée de strass, les cheveux surplombés d’une coiffe dorée et parée d’un collier évoquant les bijoux tribaux, elle a ensuite entonné « Love Drought » et « Sandcastles », avec une allure de déesse africaine.

Déjà lauréate de plus de 20 Grammys, elle avait déjà à la moitié du « show » de dimanche empoché le prix du meilleur vidéo-clip pour « Formation », puis celui du meilleur album urbain.

– Une voix à notre douleur –

La star a déclaré en recevant ce prix qu’elle avait voulu, avec « Lemonade », « donner une voix à notre douleur, nos luttes, notre noirceur et notre histoire, et nous confronter aux problèmes qui nous mettent mal à l’aise ».

Le clip de « Formation » rend notamment hommage à Black Lives Matter, le mouvent qui dénonce les brutalités policières contre les Noirs.

Beyoncé espère décrocher dimanche les deux principales récompenses qui lui ont jusqu’à présent toujours échappé: album et disque de l’année.

Sa rivale Adele, à la voix puissante et aux textes hantés par les amours perdues, a réédité avec « 25 » ses prouesses commerciales de l’album précédent, « 21 », record de ventes qui avait triomphé aux Grammys.

Pendant la première partie de la cérémonie, elle a déjà conquis les prix de meilleure performance pop solo et album de pop vocale.

La soirée animée par James Corden était ponctuée de déclarations politiques, comme l’ont été les récentes cérémonie de prix des Golden Globes ou des SAG Awards, beaucoup d’artistes s’opposant ouvertement à Donald Trump.

– ‘Au travail’ –

« C’est précisément le moment pour les artistes de se mettre au travail », a notamment lancé la chanteuse sex-symbole Jennifer Lopez, citant l’écrivaine afro-américaine Toni Morrison mais sans jamais nommer le président américain.

La fille de Michael Jackson, Paris Jackson, a de son côté appelé à utiliser ce type de retransmissions comme une « plateforme de protestation », concluant par un message contre la construction d’un oléoduc controversé dans le Dakota du Nord et auquel Donald Trump a donné son feu vert.

Plus détendu, les chanteurs de Twenty One ont enlevé leurs pantalons pour venir chercher leur prix du meilleur duo pop en caleçon, racontant s’en être fait la promesse il y a longtemps. 

Ne voulant pas rester en reste, James Corden a lui aussi tombé le pantalon quelques instants.

C’est Chance The Rapper, chanteur hip-hop de 23 ans originaire de Chicago, qui a décroché le prix de la révélation de l’année, le dédiant à ses parents, à Dieu et à Chicago.

Le duo électro français Daft Punk, en costume ressemblant au maléfique Dark Vador de « Star Wars », ont ensuite investi la scène, leur première performance en direct en trois ans, pour accompagner The Weeknd.

– Liberté –

A propos de l’icône du jazz et de la soul Al Jarreau, décédé dimanche, le chanteur Gregory Porter, lauréat d’un Grammy, a déclaré que « le jazz est la musique de la liberté et Al en était l’incarnation ».

Le mythique David Bowie, mort en janvier 2016, a pour sa part reçu cinq Grammys posthumes dont meilleure chanson rock, album de musique alternative et performance rock pour son disque testament magistral « Blackstar ».

Katy Perry, devenue blonde platine, a interprété son nouveau titre « Chained to the Rhythm », qui a déjà commencé à faire danser la planète et qui appelle à sortir de « sa bulle » et son « confort ».

Lady Gaga un peu plus tard se lancera dans une performance iconoclaste avec les papes du heavy metal Metallica, une semaine après avoir enflammé le public du Super Bowl.

Les deux chanteuses ont fait partie des plus ardentes supportrices de la candidate démocrate malheureuse Hillary Clinton lors de l’élection présidentielle, même si au Super Bowl Lady Gaga avait privilégié l’inclusion à la défiance.

Adele sur scène, aux Grammy awards à Los Angeles le 12 février 2017. © AFP

© AFP VALERIE MACON
Adele sur scène, aux Grammy awards à Los Angeles le 12 février 2017

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