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Bora Bora, l’aéroport VIP qui valait 3 milliards

©CP/Radio1

Une piste plus longue et plus large, des places de stationnement supplémentaires, des hangars de maintenance, des réserves de carburant et un nouveau terminal : le ministre du Logement et de l’Aménagement, Jean-Christophe Bouissou, a présenté l’étude préliminaire du futur aéroport de Bora Bora. Il sera dimensionné pour accueillir 10 jets privés qui pourront ainsi éviter l’escale à Tahiti, et 4 hélicoptères, ainsi qu’un nouveau quai pour les passagers à forte valeur ajoutée que le Pays veut attirer.  

La semaine dernière le conseil des ministres évoquait ses plans pour l’aéroport de Bora Bora, afin de le rendre apte à accueillir plus de jets privés, et sans les faire passer par Tahiti. Ce lundi le ministre en charge de l’Aménagement, Jean-Christophe Bouissou, entouré du directeur de l’Aviation civile en Polynésie Georges Puchon et du directeur de la construction et de l’aménagement, Bernard Arrigues, a présenté l’étude préliminaire du schéma d’implantation sur l’aéroport de Bora Bora.

« La vie continue, déclare Jean-Christophe Bouissou, ce qui serait effroyable c’est qu’on arrête tout. » Le ministre a d’abord rappelé l’attractivité de Bora Bora pour les clients très haut de gamme, et la volonté du Pays de travailler sur cette niche :  en 2019, environ un quart des passagers au fenua pouvaient être considérés comme VIP. À titre de comparaison, les 280 000 touristes que recevait la Polynésie en 2019 ont dépensé autant que les 800 000 touristes qui sont allés à Fidji. Moins de touristes mais tous munis d’une carte platinum, c’est mieux, « et c’est aussi ce que peuvent supporter les Polynésiens ». Georges Puchon a indiqué que l’Aviation civile reçoit des demandes de création d’opérateurs de jets privés à Bora Bora pour servir la côte Ouest des États-Unis.

Mais c’est aussi « une clientèle exigeante » : c’est donc un projet estimé à 3,07 milliards de Fcfp, qui seraient financés notamment par le 3e instrument financier de l’État dédié aux investissements structurels. Les charges d’exploitation prévisionnelles sont estimées à 74,2 millions par an. Le Pays attend des retombées qui seraient de « 4 à 5 fois plus que l’investissement », dit J.-C. Bouissou.

La piste actuelle, longue de 1 505 mètres et dotée d’une largeur de 22 mètres serait rallongée pour être porté à 2 080 mètres de longueur et 30 mètres de large et pourrait accueillir des appareils de type Falcon 7X ou Gulfstream G650 à pleine charge leurs permettant ainsi de relier directement Bora Bora à des destinations internationales aux États-Unis (Los Angeles) ou dans d’autres pays. La largeur de voie de circulation des aéronefs sera portée à 15 mètres de large.

Une capacité d’accueil de 10 jets et 4 hélicoptères, et un quai spécial VIP

Le projet compte créer 6 postes de stationnement d’aéronef supplémentaires pour jets privés, portant ainsi le nombre total à 10 postes de stationnement d’aéronefs VIP. Un terminal VIP d’une superficie de 900 m² sera construit et pourra accueillir un ensemble de services dédié à l’accueil des touristes haut de gamme : un accueil, une zone d’attente spacieuse et confortable, un espace permettant la restauration ou le « snacking », une ou plusieurs salles de réunions, une zone de contrôles (sûreté, douanes, passeport), des sanitaires (avec douches individuelles), des salles administratives et opérationnelles dédiées aux employées.

Il est également prévu de créer 4 postes de stationnements hélicoptères afin de prévoir des éventuels transferts entre l’aéroport et les hôtels de Bora Bora ou pour embarquer à bord d’un vol de tourisme ou d’excursion sur Tupai. Deux hangars de maintenance sont considérés dans l’étude, l’un dédié aux jets privés (3 000 m²) pouvant abriter jusqu’à 2 aéronefs de type Falcon 7X simultanément et l’autre dédié aux hélicoptères (1 050 m²) pouvant accueillir jusqu’à 2 hélicoptères de type H160 simultanément.

Pour les VIP qui ne prennent pas l’hélico, le projet prévoit la création d’une extension du quai à l’ouest, ainsi que la création de 3 pontons flottants. Cet espace couvert est éloigné du terminal domestique afin de préserver l’intimité des VIP. De son côté, le ministère de l’Équipement étudie la construction d’une marina à Faanui où pourraient s’amarrer les superyachts.

Enfin les moyens en stockage et en distribution de carburant seront augmentés également, en multipliant par plus de 6 le stockage de fuel jetA1.

Début des travaux dans 2 ans et demi

Le Pays va à présent s’engager dans l’élaboration de l’avant-projet sommaire qui devrait prendre un an, préparation de l’appel d’offre comprise. Au total la finalisation de ce nouveau terminal devrait prendre « 3 à 4 ans », avec un « premier coup de pioche dans 2 ans et demi ».

On peut regretter que rien ne soit prévu pour l’instant pour le terminal domestique, qui ne fait qu’une centaine de mètres carrés de plus que le futur terminal VIP et qui accueille les voyageurs obligés de prendre les lignes commerciales. Une mise à jour qui figurera peut-être dans le cahier des charges de la future concession : Bora Bora, comme Raiatea et Rangiroa, ont été transférés au Pays par l’État le 1er octobre dernier et le Pays prépare, pour le renouvellement de ces concessions détenues par Aéroport de Tahiti, les appels d’offre qui devraient paraître avant la fin de l’année pour une attribution courant 2022.

 

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