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Braconnage de tortues : il faut taper plus fort ! – Edito 18/12/2020

Vous vous souvenez de tout le ramdam qu’on entendait partout parce que, Ô mon Dieu, de vilains pêcheurs chinois pillaient nos ressources marines dans nos eaux ? Il n’y avait, et il n’y a toujours, absolument aucune preuve, mais cela n’empêchait pas les pires élans racistes. J’aimerais bien savoir où ils sont tous ces agités quand ce sont des pêcheurs bien de chez nous qui sont pris en train de frauder. Je fais ici notamment allusion à cette info que tous les médias locaux ont relayé hier à propos d’un trafic de tortues démantelé à Bora Bora.

On va encore nous resservir l’opportune excuse de l’exception culturelle ? Ce serait dans les gènes du Maohi de se nourrir de la viande de tortue, quand on ne cherche pas d’excuse en raison des temps qui sont durs. Au nom de quel principe une coutume ne saurait s’adapter à son époque surtout lorsqu’un péril véritable est publiquement établi ? C’est d’un égoïsme absolument éhonté, et c’est au moins aussi scandaleux que de plaider  que la fin (f-i-n) ou faim (f-a-i-m) justifie les moyens.

On a là une espèce qui était sur cette Terre bien avant l’homme, elle prospérait déjà à l’époque des dinosaures il y plus de 65 millions d’années. Et comme tant d’autres c’est seulement depuis l’avènement de l’homo sapiens qu’elle périclite. Vous devez bien les avoir en tête ces images de ces bébés tortues à peine sortis de leur œuf qui mènent une première bataille pour leur survie en franchissant la distance entre leur lieu d’éclosion et la mer. Et même après ça c’est loin d’être gagné. Seul 1 pour 1000 survit après l’éclosion et la plupart meurt avant 1 an, car leur carapace est encore molle, et n’est pas en mesure de les protéger.

Aussi quand hier on lisait que c’étaient 18 tortues adultes d’environ 100kg chacune qui avaient été braconnées par ces pêcheurs des Iles Sous le Vent pris la main dans le sac, il y a de quoi nourrir un profond sentiment de dégoût. Elles ont réussi à survivre jusqu’à enfin atteindre l’âge de se reproduire (seulement tous les 3 à 6 ans), elles sont en voie d’extinction, leur pêche est interdite et sanctionnée, mais à l’encontre de tout bon sens il faut quand même qu’il y en ait pour les décimer toujours un peu plus.

A la base l’idée que je me fais d’un vrai pêcheur c’est celle de quelqu’un qui avant tout, sincèrement et profondément, aime la vie et la respecte. Il va pêcher avec intelligence et respect sans mettre en danger quelque espèce que ce soit, ni lui, ni la compagnie pour laquelle il travaille. Donc pour tous les autres, si la réglementation actuelle n’impressionne pas assez peut-être qu’il faut non seulement la renforcer mais aussi ne pas hésiter à aller jusqu’à interdire aux fossoyeurs de la biodiversité, à ces bourreaux, de remettre les pieds sur un bateau.

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Répondeur de 6:30, le 18/12/2020

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