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Brexit: les députés britanniques votent sur le déclenchement

Londres (AFP) – Les députés britanniques devraient adopter mercredi soir le projet de loi du gouvernement conservateur de Theresa May autorisant le déclenchement du Brexit, une étape clef vers la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Brexit Au terme de trois jours de débats consacrés à l’étude de quelque 140 pages d’amendements, les 650 élus de la chambre des Communes devraient approuver vers 20H00 GMT le texte autorisant Mme May à lancer le divorce avec l’UE, sept mois et demi après le vote des Britanniques ayant décidé le Brexit.

Le projet de loi, soumis au Parlement après que le gouvernement y a été contraint par la Cour suprême en janvier, sera ensuite examiné par la chambre des Lords. En cas d’amendement, il reviendra devant les députés.

L’adoption définitive du texte ne devrait pas intervenir avant plusieurs semaines, mais Theresa May a répété qu’elle déclencherait avant le 31 mars l’article 50 du Traité de Lisbonne, qui lancera deux années de négociations de sortie de l’UE.

Pour étouffer toute rébellion dans les rangs de la majorité conservatrice, la Première ministre a promis mardi que le Parlement se prononcerait sur les termes du Brexit avant le résultat final des négociations entre Londres et Bruxelles, sans toutefois que cela puisse remettre en cause la sortie de l’UE.

« Nous introduirons une motion. Cette motion sera dans l’accord final », a-t-elle déclaré mercredi au Parlement. Et ce « avant que le Parlement européen ne débatte et valide l’accord final ».

« Ce sera un vote important », a estimé le secrétaire d’Etat au Brexit, David Jones. « Il laissera le choix entre sortir de l’Union européenne avec ou sans un accord négocié » avec Bruxelles.

Mais le député libéral-démocrate Tom Brake a qualifié l’annonce de « feuille de vigne », refusant d’y voir une concession de la part du gouvernement.

– Ne pas « entraver » le Brexit –

Lundi, dans ce même souci d’éviter toute rébellion chez les élus conservateurs avant le vote de mercredi, Mme May avait mis en garde les députés tentés de voter certains amendements visant à réduire la marge de manoeuvre du gouvernement.

« Ce n’est pas le moment d’entraver la volonté du peuple britannique », a-t-elle déclaré devant la chambre des Communes, où certains élus s’inquiètent de la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen annoncée par Mme May.

Message reçu puisque, mardi soir, la chambre des Communes a rejeté un amendement des travaillistes qui souhaitaient voir accorder au Parlement un droit de veto sur le futur accord entre Londres et Bruxelles.

Si plus des deux tiers des députés se sont opposés au Brexit lors de la campagne du référendum du 23 juin 2016, la majorité d’entre eux estiment désormais difficile de s’opposer à la volonté des électeurs qui se sont prononcés à 52% pour une sortie de l’UE.

Le projet de loi a d’autant plus de chances d’être adopté que le Labour, principal parti d’opposition, a promis de ne pas le bloquer, même si 47 de ses 229 députés ont défié la ligne officielle la semaine dernière en votant contre la poursuite de l’examen du texte.

Parmi les opposants au texte figurent les indépendantistes écossais du SNP, qui souhaitent rester dans le marché unique et brandissent la menace d’un deuxième référendum d’indépendance après celui de septembre 2014.

Lors d’un vote purement symbolique à Edimbourg, mardi soir, le Parlement écossais dominé par le Parti national écossais SNP a voté à une majorité écrasante contre le projet de loi.

Mais ce vote, acquis par 90 voix contre 34 et qualifié la veille par la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon comme « l’un des plus significatifs dans l’histoire du Parlement écossais depuis la dévolution » de 1998, restera sans effet.

Et alors que l’idée d’un nouveau référendum sur l’indépendance progresse, selon un sondage BMG, Downing Street a rejeté mercredi l’idée d’organiser une telle consultation.

La Première ministre britannique Theresa May devant le 10 Downing Street, le 1er février 2017 à Londres. © AFP

© AFP Daniel LEAL-OLIVAS
La Première ministre britannique Theresa May devant le 10 Downing Street, le 1er février 2017 à Londres

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