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Brexit: May s'accroche à son calendrier malgré la décision des juges

Londres (AFP) – La Première ministre britannique Theresa May s’accrochait vendredi à son projet de déclencher le Brexit avant fin mars, mais la décision de justice donnant un droit de vote au Parlement risque de chambouler son calendrier.

Theresa May devait s’entretenir par téléphone avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker aux alentours de 09H30 GMT vendredi. Elle devrait s’engager à respecter le calendrier qu’elle a avancé jusqu’ici, à savoir une activation de l’article 50 du traité de Lisbonne – qui lance la procédure de divorce avec l’UE – avant fin mars.

« Nous prévoyons toujours d’invoquer l’article 50 d’ici la fin mars », avait assuré dès jeudi un porte-parole de Downing Street.

La Haute Cour de justice de Londres a porté un coup au gouvernement conservateur en décidant que les députés devaient voter sur le processus de sortie de l’UE. Mais le gouvernement a immédiatement annoncé faire appel de la décision devant la Cour Suprême, qui devrait se prononcer début décembre.

Pour autant, la décision de la Haute Cour, si elle est confirmée par la Cour suprême, entraînera des débats parlementaires qui pourraient ralentir significativement le Brexit et peser sur les négociations entre Londres et Bruxelles.

– « Les ennemis du peuple » –

Les tabloïds se sont déchaînés vendredi contre la décision: en titrant « Les ennemis du peuple »,  en lettres capitales, avec les photos des trois juges de la Cour pour le Daily Mail, tandis que le Daily Telegraph, habituellement plus pondéré, affichait lui aussi la photo des magistrats en titrant: « Les juges contre le peuple ».

Ils estiment que les juges ont trahi la volonté des Britanniques, qui ont voté à 52% pour une sortie de leur pays de l’UE lors du référendum du 23 juin.

Leur décision a aussi entrainé des appels à l’organisation d’élections législatives anticipées. Face à un parti d’opposition travailliste moribond dans les sondages, les conservateurs pourraient garder le contrôle du Parlement qui avait majoritairement fait campagne pour un maintien dans l’UE lors de la campagne du référendum.

« La meilleure chose que Theresa May puisse faire désormais est de convoquer des élections législatives », a écrit Nigel Farage, leader historique et chef intérimaire du parti europhobe Ukip, dans le Daily Telegraph, estimant que le « peuple britannique » s’opposera à « l’incroyable arrogance de l’establishment ».

« La question n’est pas +allons-nous déclencher l’article 50?+ mais +allons-nous déclencher l’article 50 en faveur d’un Brexit dur ou d’un Brexit allégé?+, a pour sa part souligné l’ex-vice-Premier ministre Nick Clegg (parti libéral-démocrate) sur la BBC, ajoutant que les Britanniques ont voté « pour le Brexit », mais « pas pour un +hard+ Brexit ».

Un « Brexit dur » signifierait la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen avec un contrôle total de l’immigration en provenance des pays de l’UE, tandis qu’un « soft Brexit » accorderait un accès limité au marché unique avec une certaine dose de contrôle sur l’immigration.

La Maison Blanche s’en est mêlée en appelant vendredi les Britanniques et l’UE à faire preuve de « souplesse » dans leurs négociations à venir et à les mener de façon « pragmatique, transparente et productive ».

La Première ministre britannique Theresa May à ondres, le 2 novembre 2016. © AFP

© POOL/AFP/Archives KIRSTY WIGGLESWORTH
La Première ministre britannique Theresa May à ondres, le 2 novembre 2016

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