EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Bus à Tahiti : on marche sur la tête – Edito 22/08/2017

On veut lutter contre le décrochage scolaire mais il y a des fondamentaux qui ne sont toujours en ordre de marche.

On ne le sait que trop que des petits polynésiens habitant au district se lèvent à 3h du matin pour pouvoir attendre le truck au bord de la route à 4h en espérant qu’après parfois largement plus d’une heure trente d’attente ils finiront par monter dedans. C’est sans compter le temps de trajet mais aussi les conditions dans lequel celui-ci se déroule. En ce début d’année, et comme cela se produit à chaque rentrée, ils doivent parfois rester debout et sont entassés. Dans un article de notre rédaction j’apprenais hier que le responsable de la société de transports en commun qui gère la zone située sur la côte Est de Arue à Tautira justifiait ces 15 jours de galère intense pour les élèves du fait de la non réception de la part des services de l’éducation de la liste des effectifs définitifs.

C’est fantastique. Cela fait plus de 15 ans, donc 15 rentrées que la société dont il est le gérant est chargée du ramassage scolaire dans cette zone et devrait donc être susceptible au bout d’un moment d’avoir le recul nécessaire pour réaliser des projections avant que les autorités ne lui mâchent le travail. On voudrait nous faire croire que d’une année scolaire sur l’autre la côte Est dans ce cas-là est susceptible de connaître une explosion démographique de jeunes gens scolarisés au point d’être dans l’incapacité totale de prévoir à minima ? C’est sans doute quelque chose de bien trop compliqué.

L’élue orange à l’Assemblée Gilda Vaiho a fait une déclaration particulièrement pertinente, je vous la cite « On a beau avoir tous les schémas directeurs du transport interinsulaire, du transport terrestre, on a beau faire toutes les études qu’il faut avec leur budget, le résultat n’est pas bon. Nous sommes vraiment nuls aujourd’hui. » fin de citation. Le gouvernement y met pourtant de la bonne volonté, en prévoyant dans le prochain collectif budgétaire examiné cette semaine plus de 800 millions de francs pour l’acquisition de nouveaux bus. Toutefois on se rend bien compte que le matériel ne fait pas tout. Le plus gros souci semble être celui de la compétence, car quant aux défaillances d’organisation, et malgré quelques rares bons éléments vous ajoutez à ça un bon paquet des chauffeurs xénophobes, vulgaires, sales, chauffards, ignorant les plus élémentaires conditions de sécurité pour leurs passagers, vous vous dîtes que c’est un gros chantier.

Il y a quelques mois le ministre des transports Luc Faatau me confiait qu’il avait conscience de tout ça et qu’il était prévu de tout remettre à plat pour le très prochain appel d’offre. Alors croisons les doigts car l’avenir de la Polynésie se joue aussi sur une génération sacrifiée qui va finir par maudire l’école avec les conséquences que ça aura.

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3 Commentaires

  1. Moana
    23 août 2017 à 9h23 — Répondre

    Très bon édito, bravo Alexandre.
    On peut ajouter à cela que le transport public en général est aussi pauvre que dans les pays en voie de développement (pas safe, sale, bus délabrés, bondés, irréguliers, insuffisants), que 80% des arrêts de bus n’ont même plus d’abris (voir celui de l’hôpital du Taaone où les patients attendent debout en plein cagnard à 15h de l’après-midi, parfois avec un bébé dans les bras). Bref, j’ai honte. Il faut que ça bouge.
    Si tu pouvais aussi faire un édito sur l’éclairage des routes, ça serait bien. Là aussi, j’ai honte quand je vois des pauvres touristes qui marchent dans le noir avec leurs paquets de courses dans les bras entre Carrefour Punaauia et l’Interconti. Il n’y a plus de lumière à cet endroit depuis plus de 5ans et on nous parle de développer le tourisme…

  2. thierry Intrys
    24 août 2017 à 5h42 — Répondre

    On a surtout l’impression que l’on ne veut pas régler le problème pour des raisons politico-financières. pourtant lors de la mise en place des bus qui a vu la suppression de nos bon vieux trucks les promesses étaient alléchantes ( confort, sécurité, respect des horaires etc…), mais que nenni, fiasco sur toute la ligne. Tout cela , parce que l’on a voulu confier la gestion des transport à une seul tête qui au fil du temps a démontré sa totale incompétence face à laquelle nos politiques font l’autruche ( il faut dire que je n’est jamais vu un seul de nos élus prendre le bus, puisqu’on leurs paye de jolies 4×4 avec chauffeur ). De ce fait, personne ne prend conscience du problème, car il n’existe pas seulement pour les scolaires, mais c’est pire pour les travailleurs des districts qui se lèvent à 3h00 pour pouvoir ( quant ils le peuvent ) rentrer chez eux à 19h00. En attendant qu’un véritable réseau de transport soit créer ( car pour l’instant, il est totalement inexistant ), ne pourrait-on pas, au moins pour les travailleurs, ouvrir le marché à des patentés possédant (encore ) u trucks mis au normes du moment au moyen d’une subvention territorial qui dans sa globalité n’excéderait pas 150 à 200 millions plutôt que de refiler 800 millions à une société privé qui restera de toute manière incompétente vu le mauvais entretien de son parc de bus. Cela permettrait d’avoir le temps de penser à le création de gare routière dignes de ce nom; d’arrêt de bus obligatoire au niveau des mairies; d’arrêt de bus facultatifs tous les 2kms ( 1km à pied n’a jamais tués personne au contraire ); de confier d’un point de vu matériel et financier la gestion des transports scolaires aux mairies ( au moins cela nous donnerait un raison pour élire ou pas notre maire ) etc…Mesdames, messieurs nos élus faites marchaient vos neurones dans l’intérêt collectifs plutôt que personnel, car tout problème à sa solution quant on veut s’en donner la peine. Elections en 2018, la balle est dans votre camp !!!!

  3. ly
    24 août 2017 à 15h47 — Répondre

    au moins avec nos truck, les gens ne risque pas de rester debout pendant de long trajet

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