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Bus scolaires : L’éternel « flottement » de la rentrée

© Cédric Valax

C’est visiblement un problème récurrent. La question du manque de bus pour transporter les élèves lors de la rentrée scolaire agite les réseaux sociaux. A tel point que l’élue Gilda Vaiho-Faatoa s’est rendue sur place à l’arrêt de bus de Tautira lundi matin.

« Que fait le gouvernement pour l’insécurité dans les transports scolaires ? » La question n’est pas signée de l’opposition à l’assemblée, mais d’un jeune lycéen de la Presqu’île, vendredi dernier sur Facebook. Un long post publié sur le réseau social pour dénoncer les conditions totalement désorganisées du transport scolaires entre Tautira et Taravao. Et à un an des territoriales, le cri du coeur n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Samedi, l’élue « suspendue » du Tahoeraa, Gilda Vaiho-Faatoa, a été interpellée sur le même réseau social et a décidé d’aller voir directement sur place. « On vient de voter le schéma directeur des transports collectifs jeudi dernier. Mais au bout d’un moment, ça ne sert à rien de voter des textes si sur le terrain rien ne marche », explique l’élue, qui raconte son expérience lundi matin à quatre heures, à l’arrêt de bus de Tautira.

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Précisons tout de même que les bus sont effectivement calibrés pour 48 places « adultes », mais qu’ils peuvent légalement embarquer jusqu’à 60 « enfants ». Pourtant, au-delà du manque de place, le vrai problème vient, selon l’élue, des conditions de sécurité pendant le transport.

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Mardi, les élus seront réunis pour examiner le dernier collectif budgétaire. L’élue compte donc interpeller ses collègues sur ce problème. Et pour le coup, Gilda Vaiho-Faatoa salue le choix du gouvernement de voter à travers ce collectif une enveloppe de 800 millions de Fcfp pour l’acquisition de 20 autobus. « J’espère que ce sera pour renouveler le parc de cette compagnie », conclut la représentante.

Situation « récurrente »

Contacté, le président de l’association des parents d’élèves du Sacré coeur de Taravao, Marc Frébault, explique que ce « flottement » à la rentrée est un problème récurrent. Chaque année, les transporteurs semblent n’avoir aucune idée du nombre d’élève qu’ils auront à embarquer.

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De son côté, le directeur de la société de transports en commun, Willy Chung Sao, confirme que ce problème se pose lors de chaque rentrée scolaire. S’il reconnaît qu’il n’est « pas normal » que des conducteurs circulent avec la porte ouverte ou avec des enfants debout, il renvoie en revanche la responsabilité de la désorganisation du transport à la Direction générale de l’éducation et de l’enseignement (DGEE). Selon le directeur, les services du Pays sont incapable de prévoir précisément combien d’élèves devront être transportés à chaque rentrée. « Vous verrez, tout va rentrer dans l’ordre après dix jours de flottement », assure Willy Chung Sao.

Quant à l’achat de 20 bus par le Pays, la nouvelle n’est pas spécialement bien accueillie par le transporteur. « Ce n’est pas au Pays d’acheter des bus, mais plutôt d’investir dans les infrastructures », lâche Willy Chung Sao qui dit toujours attendre le nouvel appel d’offre pour le renouvellement de la convention du Pays sur le transport scolaire, prorogée de trois ans en 2013, puis d’un an en 2016.