EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Cancer : se faire dépister c’est déjà commencer à lutter … pour gagner – Edito 24/03/2021

Des fois, au plus profond de nous-mêmes on sait, mais on ne veut pas que ce soit officiellement diagnostiqué. Le simple fait qu’un professionnel de la santé prononce le mot « cancer » comme explication finale de nos maux, c’est comme si on mourrait déjà un peu. Il n’y a absolument rien de rationnel là-dedans. Personne n’est égal face à la maladie, tant en termes de souffrances physiques mais aussi et surtout psychologiques. Ce mot, « cancer », on n’a pas envie de l’entendre aussi parce qu’on sait très bien ce qu’il implique en termes de traitements, ou de tentatives de traitements, et limite on en serait presque à préférer se laisser partir doucement, paisiblement, sans avoir à connaître la lourdeur anxiogène du parcours de soins. Ce sont de très nombreuses discussions avec d’autres personnes atteintes – comme j’ai pu l’être – par cette maladie, qui font que je suis en mesure de me permettre aujourd’hui de faire quelques recoupements.

Et puis vous avez aussi les battants, ceux qui n’ont pas une minute à perdre, ceux qui feront tout, pour qu’aucune seconde de leur vie ne leur soit volée par les tumeurs. Parfois ils en font même trop, au point qu’on pourrait s’imaginer que chez eux la méthode Coué est partie prenante de la pharmacopée. Toutefois, en l’espèce il faut bien l’avouer, en fait il vaut largement mieux en faire trop que pas assez. Il suffit parfois d’à peine quelques semaines pour que ce qu’il était encore possible de soigner avec un fort potentiel d’efficacité, se transforme de guerre lasse, en combat perdu d’avance.

Je comprends donc totalement le message principal martelé dans les médias ces jours-ci à l’occasion de la Semaine nationale de lutte contre le cancer. En boucle, les forces vives mobilisées pour nous sensibiliser, nous incitent à nous faire dépister. Il y a parfois des peurs qui tétanisent ceux qui les ressentent au point de prendre le dessus sur certains de leurs tocs qui définissent pourtant le reste du temps des grandes lignes de leur personnalité. Suivez mon regard, certains avaient beau être hypocondriaques, plus que sur les bords, et pourtant, craignaient qu’un diagnostic confirme leur profonde intuition. C’est totalement antinomique lorsqu’au quotidien, l’effroi compulsif de tomber malade parvient à être maintenu sous clé par ce seul mot qu’on ne veut pas entendre, « cancer ».

Si la lutte contre ce mal qui nous ronge est avant tout éminemment intime et personnelle, il ne faudrait surtout pas minimiser le formidable atout que représente le fait de se faire bousculer, motiver, accompagner, par les gens qui nous aiment. Refuser de se battre dans un combat à mort lorsque l’on est précipité dans l’arène face à l’ennemi, ne peut avoir qu’une seule issue. Par contre lorsque des proches que vous êtes peut-être, vous qui m’écoutez ou me lisez, s’intéressent vraiment à nous, nous aident à chercher à savoir, à assumer, et nous accompagnent par leurs bonnes énergies pour mener l’attaque, plus rien n’est impossible. La preuve ? Je suis encore là pour en témoigner.

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