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Cannabis : la provoc n’aide pas à faire avancer le débat… – Edito 07/03/2018

C’est quand même un petit peu particulier d’attendre l’inauguration officielle du fameux smoke shop polémique pour faire une descente des forces de l’ordre alors que la boutique avait pignon sur rue et était ouverte depuis quasiment un mois, le 12 février.

Mais bon passons … Très honnêtement j’ai beau être extrêmement ouvert sur le sujet et j’ai déjà pu vous le prouver ici, j’avoue que j’ai eu un peu de mal à comprendre l’engouement des médias pour faire du publi-reportage gratos dans ces proportions à ce type de commerce.

Je le répète et je l’assume bien que n’étant pas du tout consommateur je suis pour une dépénalisation et une légalisation du cannabis  sur le modèle de ce qui existe dans l’état du Colorado aux Etats-Unis par exemple. Ce, afin de cesser d’entretenir une économie parallèle  qui ne profite pas à la communauté dans son ensemble, qui nourrit la délinquance et détruit plus de familles qu’elle n’en sauve. Il faut aussi savoir raison garder. Si on peut bien entendre tous les arguments, qui souvent se tiennent : que « l’alcool c’est pire que le paka », que « les boissons sucrées sont un poison et causent le diabète » etc. ; tant pis si je perds des potes, et ça me ferait de la peine, mais qu’on n’aille pas me dire que c’est une bonne chose de banaliser pour autant la consommation d’une substance hautement addictive et toxique ! Sauf à être trop high pour percuter …

Parce que c’est pourtant exactement ce que ce genre de boutique qui pour le coup s’assume (contrairement à d’autres) contribue à faire. Cela veut-il dire qu’il faut rester dans une hypocrisie de façade et continuer à vendre sous le manteau ? Et bien moi je dirais que oui. Cela s’appelle être responsable et ne pas vouloir faire du business sur le dos de tout le monde et notamment des moins éclairés. Même si on n’est pas d’accord il faut assumer l’état d’avancement des mentalités et ne pas compromettre un véritable débat de société en mettant les pieds dedans bien comme il faut. La légalisation cela veut dire encadrer la production, la vente et identifier les acquéreurs en tant qu’adultes responsables qui assument leur choix. En quoi est-ce abonder dans le bon sens que de permettre à n’importe quel ado d’aller s’acheter un bang et des graines pour jouer à Nicolas l’apprenti jardinier stoneur ? Ce n’est pas futé du tout, c’est même décevant.

Je suis convaincu que le cannabis est injustement malaimé notamment par rapport à tous les bienfaits thérapeutiques prouvés dans certaines pathologies liées à la douleur ou aux troubles nerveux. Toutefois tout ce qui a le potentiel d’être vertueux a aussi celui d’être détourné de son usage premier pour servir de vils desseins tant qu’on n’est pas encore en conditions pour que le positif prenne le pas sur le négatif. Alors au lieu de se tirer une balle dans le pied les chantres de la consommation providentielle de cannabis auraient tout à gagner à participer à éclairer le débat plutôt qu’à l’étouffer en misant sur une provoc commercialement opportune. Parfois, il est bon de savoir penser aussi … à jeun.

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1 Commentaire

  1. simone grand
    8 mars 2018 à 8h13 — Répondre

    Il est crucial en effet d’ouvrir le débat sainement. Ia maita’i

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Cannabis : la provoc n’aide pas à faire avancer le débat… – Edito 07/03/2018