
ENQUETE E1 – Avec la crise, les Français ont de plus en plus souvent recours à un emprunt pour payer leurs soins.
L’info. Remettre à plus tard l’achat de lunettes, d’une prothèse auditive ou dentaire : c’est ce à quoi sont réduits de plus en plus de Français, avec la crise. Ces dépenses, d’un montant élevé, sont en effet généralement mal remboursées par la Sécurité sociale. Alors pour aider les particuliers à payer leurs soins, le Crédit Municipal de Paris (CMP) a lancé il y a quelques mois un « prêt santé ». Il permet à un malade d’obtenir un prêt de quelques milliers d’euros, à un taux d’emprunt qui avoisine en moyenne les 3 %.
Un financement « inespéré ». Depuis son lancement, le succès du Prêt Santé ne se dément pas, et les témoignages de particuliers qui y ont eu recours sont légion. C’est le cas notamment de Sira, une parisienne qui souffre de troubles auditifs. Pendant sept ans, coincée entre son loyer et un crédit à la consommation à rembourser, elle n’a pas pu suivre de traitement pour sa maladie. Sept longues années à vivre avec des bourdonnements dans les oreilles et des vertiges à répétition, qui ont pris fin quand le CMP a accepté de lui avancer les fonds. « La solution qu’on m’a proposée était vraiment inespérée. Elle est acceptable, et dans la limite de ce que je peux supporter financièrement », se réjouit-elle au micro d’Europe 1.
De plus en plus de Français concernés. Emmanuel Bouriez, directeur général adjoint du CMP, explique pour Europe 1 ce qui l’a poussé à lancer ce produit : « 30 % des Français déclarent aujourd’hui avoir pris un crédit à la consommation pour financer des dépenses de santé, et un quart d’entre eux disent même avoir tout simplement jeté l’éponge », raconte-t-il.