
Férié, chômé, ou jeudi comme un autre ? Les questions fusent sur la première célébration officielle de Matari’i i ni’a, ce jeudi. L’administration et les écoles ont tout de suite pris le pli de cette fête qui a remplacé celle de l’Autonomie, la majorité des secteurs du privé pourront légalement profiter des célébrations publiques de ce 20 novembre. Mais certains, dans le commerce, les transports, le BTP ou l’hôtellerie devront attendent encore une révision de leur convention collective, lancée ou non, pour l’appliquer. Le point, secteur par secteur, avec la direction du Travail.
Le changement avait été proposé dès 2023 par Eliane Tevahitua, longuement débattu l’année suivante, gravé dans le marbre en mai 2025 par un texte de loi. Et pourtant, à mesure qu’approche de la première célébration de Matari’i i ni’a, qui a remplacé dans la liste des jours férié du Code du Travail la Fête de l’Autonomie du 29 juin, les questions n’ont jamais été si nombreuses sur cette entrée officielle dans la saison d’abondance. Il faut dire que le gouvernement a beaucoup communiqué sur ce « premier jour férié célébrant une fête pré-coloniale », et compte bien marquer le coup, avec cérémonie, parade et concert sur le front de mer de Papeete ce jeudi, en après-midi et en soirée. Mais les termes peuvent être trompeurs : « Un jour férié, ça n’est pas forcément un jour chômé », rappelle-t-on à la direction du Travail, très sollicitée ces derniers temps sur le sujet.
Chômé dans l’administration et les écoles…
Certains savent tout de même depuis longtemps ce qui les attendent pour le 20 novembre. L’administration du Pays, ses établissements publics et les autorités indépendantes de la Polynésie ne travailleront pas pour le nouveau jour férié. Si ça n’était pas assez clair lors des débats à Tarahoi le 6 mai dernier, un arrêté pris en conseil des ministres est venu le confirmer le 26 juin, trois jours avant l’ex-fête de l’Autonomie, comme pour rappeler aux potentiels récalcitrants sa disparition.
La DGEE a, elle, attendu début octobre pour rayer ce jeudi 20 novembre du calendrier scolaire. Et le Haut-commissariat, qui applique la liste officielle des jours fériés polynésiens à ses fonctionnaires d’État a pris soin, par un arrêté publié le 7 novembre, de déclarer ce levée des Pléiades chômé pour les agents des communes. Un texte qui peut paraitre tardif mais qu’importe : le 29 juin, jusqu’à là sanctuarisé, était de toute façon tombé un dimanche cette année.
…Mais pas partout dans le privé
C’est dans le privé que la situation est plus floue. Plus complexe en tout cas. Car comme l’avaient fait remarqué les partenaires sociaux dès les réunions bipartites sur le sujet en 2024, le Code du Travail ne fait pas tout. Seul le 1er mai est consacré comme « férié et chômé et payé » par la loi, qui laisse le soin, comme le rappelle la directrice du Travail Loetitia Hiu, aux accords collectifs négociés avec les salariés de traiter de manière différenciée les douze autres fêtes listées à l’article Lp. 3223-1. Ce qui veut dire que les secteurs d’activités non régis par des conventions n’ont pas, sauf décision de l’employeur ou accord d’entreprise qui préciserait l’inverse, à chômer cette nouvelle Fête de l’abondance.
Ceux qui bénéficient d’une convention collective n’ont pas non plus tous le droit au repos du 20 novembre. Ainsi les conventions du commerce, de l’imprimerie, de la presse et de la communication, du secteur du gaz et du transport aérien listent elles-mêmes des jours chômés, en incluant le 29 juin mais pas le 20 novembre. Les entreprises du BTP non adhérentes à la Chambre syndicale du secteur (CSMGCTP), ou celles de l’hôtellerie qui font partie du Conseil professionnel de l’hôtellerie ne fêteront ni l’un ni l’autre. Le CPH a en effet signé un accord le 6 novembre avec des syndicats du secteur pour retirer le 20 novembre de la liste des jours fériés, comme c’était le cas du 29 juin.
Des travaux en cours
Car des travaux ont bien été lancé, ces derniers mois, pour adapter les conventions. Mais ils n’ont pas tous abouti : l’Automobile et le Nettoyage, dont accords de branche déclarent expressément le 29 juin férié, mais intègrent aussi automatiquement les nouvelles fêtes du code du Travail, bénéficieront des deux jours de repos jusqu’à signature d’un avenant. Si les négociations sont lancées dans ces deux secteurs, elles doivent encore l’être dans l’activité pétrolière, la manutention portuaire ou pour l’autre partie du secteur BTP, dont les salariés bénéficient, jusqu’à nouvel ordre, des deux jours.
Quant aux assurances, banques, à l’éducation privée, le gardiennage et surtout l’industrie et la restauration, leurs conventions collectives qui se réfèrent directement au Code du Travail, ont intégré le férié du 20-novembre dès son adoption à Tarahoi. Mais là aussi, des accords d’entreprises peuvent contrevenir à ces règles sectorielles.
20 novembre chômé
20 novembre non-chômé :
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