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Ces Tavana qui se rêvent la Corée du Nord – Edito 11/05/2020

« J’ai pas envie de dire que nous avons donné ordre au Haut-Commissaire, mais c’est presque cela ». Ce sont les mots prononcés par le Président Edouard Fritch jeudi dernier face aux journalistes lorsqu’il parlait du courrier destiné au représentant de l’Etat, co-signé avec d’autres maires polynésiens pour qu’un couvre-feu de 22h à 5h du matin soit rétabli. Ils ne se satisfont donc pas du tout de la décision de justice qui avait justement annulé le précédent couvre-feu sur toute la Polynésie qui lui, courrait dès 21h … pour 5 cas de Covid-19 restants sous surveillance, dans un contexte où manifestement la transmission de l’épidémie a cessée dans un Territoire qui vit à huis-clos.

Publiquement Dominique Sorain ne relèvera sans doute pas et il a raison, mais les seuls ordres qu’il a à recevoir sont ceux de sa tutelle à Paris et de personne d’autre. Déclarer ce genre de chose est encore une fois un manque de respect manifeste à la France et à son représentant officiel en Polynésie, au moment où on leur demande 120 milliards de francs supplémentaires. Dans le cas présent cette volte face se caractérise par une pirouette populiste d’un Président-Maire pour fédérer ses troupes en amont d’un deuxième tour des municipales.

Pour justifier ce « quasi ordre » donc M. Fritch note que le couvre-feu avait « porté ses fruits » puisque il remarque qu’il y « Beaucoup moins de délits », moins de « jeunes adolescents » dans les rues le soir, fin de citation. Certes, mais ça ça s’appelle enfoncer des portes ouvertes encore une fois car quand on interdit aux gens de sortir, qu’on les menace d’amende ou de prison, fatalement il se passe moins de trucs dehors. Donc en gros on est même plus dans le cadre d’une prévention sanitaire, on assume publiquement le fait de ne plus avoir envie de se faire emmerder par tous ces gens qui veulent faire des trucs pendant la nuit. Écoute franchement ! …

Ainsi la Police Nationale ou la Gendarmerie qui sont directement sous la responsabilité de l’État failliraient dans leur tâche, faisant de la Polynésie le soir venu un repère du grand banditisme digne du Chicago des années 30. Sauf que tenir cette posture c’est aussi quelque part assumer qu’en tant que Maire l’on est défaillant dans sa propre mission de police générale dont les pouvoirs correspondants sont justement sous le contrôle administratif du Haut-Commissaire. Le rapport de subordination est ainsi pourtant très clair dans les textes de loi …

Il se passe manifestement quelque chose d’étrange et de plus en plus dérangeant au sein du Tapura. Certains électrons libres qui au demeurant bénéficient d’un mandat national ont déjà commencé à prendre des distances avec un parti où la démagogie et autres atermoiements de promesses électorales créent le malaise. Je me demande combien de temps certaines autres personnes de valeurs qui en sont membres parviendront à faire semblant tout en continuant de pouvoir se regarder dans la glace. Le malaise et le schisme à venir au sein de La République en Marche à l’Assemblée nationale pourraient-ils faire des petits sous nos latitudes ?

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2 Commentaires

  1. simone grand
    11 mai 2020 à 10h25 — Répondre

    Quel aveu d’incompétence à assumer sa parentalité par le président du gouvernement et par les maires! Quel aveu d’ignorance de la séparation des pouvoirs qui fonde la démocratie! Quel comportement frisant la manifestation de caprice d’enfant gâté. Il ne manquait plus que le « Na! » à la fin de la phrase. Quelle tristesse! ça fait honte! Mea ha’ama.
    Et pendant ce temps, certains des nôtres se sentent abandonnés en métropole et ailleurs. Pendant ce temps sur le fenua, des employés perdent leur emploi en totalité ou partiellement. Ils se sentent abandonnés. Aueeeeeee…. Bobo la tête, bobo à l’âme, bobo à la fierté d’appartenance à cette collectivité là. Notre président a su gérer l’immobilisation. Bravo. Maintenant il y a nécessité d’impulser le mouvement. Allons secouez-vous les neurones et inventez autre chose que tendre la main et piétiner de rage. Je suis prête à vous applaudir à nouveau en tournant cette page glauque.

  2. Emery-Tane
    12 mai 2020 à 9h09 — Répondre

    Ia orana pour tous ceux qui réfléchissent.
    <>
    Ce Président fût jadis à l’école politique des mensonges et de détournement des lois.
    Tel un petit dictateur d’opérette il impose à son peule des lois liberticides pour masquer
    ses faiblesses et le manque de courage de sa gouvernance.
    Président,rend la Liberté totale de convivialité,d’amour et de partage au peuple des îles
    qui sont vierge de toute pollution médicale.
    Le peuple s’impatiente et plus le temps passe plus il te viendra difficile de venir dans les îles pour la collecte des voix électorales.
    Pour tous ceux qui se lèvent,Mauruuru maitai. C.T

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