EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Cet édito lààààà. Celui làà ! – Edito 12/06/2020

Plus le temps passe et plus j’ai l’impression que le monde devient psychorigide. A relativement court terme je pense que n’existera plus que dans nos souvenirs l’époque où il était possible de rire de tout, de bon cœur, sans arrière-pensée. Ainsi, quand bien même au plus profond de vous le racisme ne fait pas partie de votre essence, au contraire même, qu’à toute occasion vous vous érigez contre, il est encore possible que l’on vienne chercher la petite bête pour vous faire passer pour ce que vous n’êtes pas.

Tout devient un souci. Toute prise de position, toute utilisation de vocabulaire, toute gestuelle, sont sujettes à une analyse poussée par les dépositaires autodésignés de la bien-pensance généralisée. Les arts et les lettres, et les humoristes en particulier, cèdent peu à peu face aux Ayatollahs de l’antiracisme. Pour ces derniers seuls les noirs seraient habilités à rire des noirs, les juifs des juifs, les chinois des chinois, etc. etc. Et encore, chacun pour son ethnie d’origine finit aussi par s’autocensurer.

Le pire c’est que même le grand public est en train de se faire formater. Des gens auparavant tellement ouverts, avec le rire spontané, font dorénavant souvent une moue gênée dès qu’un individu s’autorise une liberté de ton qui dévierait du nouveau dogmatisme en train de s’installer. Le malaise est instrumentalisé, il contamine là où dans une majorité de cas c’était au contraire un trop-plein d’amour qui entrainait la moquerie.

Ainsi, je suis heureux qu’un jeune chanteur local se soit trouvé une nouvelle vocation d’humoriste. En interprétant dans des vidéos sur les réseaux sociaux notamment le personnage d’un tonton tahitien grande gueule bourré de tiques ultra comiques, qui parleront à beaucoup, il ose. Oui, sans qu’un millilitre de sang polynésien ne coule dans ses veines, mais juste parce le hotu painu qu’il est se sent épanoui, intégré, en bon papa d’un petit demi, et sans doute aussi ne nous leurrons pas, parce que son métissage issu d’autres terres pourrait localement donner le change quant à la tonalité de sa carnation, il y est allé au culot. Et il a raison car seuls les esprits chagrins, les étriqués du bulbe, et autres frustrés pourraient s’imaginer que jouer celui qu’on n’est pas mais qui nous fait rire par la grâce qu’on lui trouve serait motivé par un élan raciste.

Qui aime bien châtie bien, les pics et autres moqueries sont à leur manière d’énormes démonstrations de tendresse. « Bon ? Gin ? Bon ? Pas toi venir me patahuna thaleura quand je vais pas te regarder parce que t’as pas aimé mon prau prau hein ? Ok ? » Ce Taliercio làààà.

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