EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Cette vision naïve et parfois puante de notre Fenua … – Edito 04/06/2021

Il y a quelques jours je suis tombé sur une vidéo où le chanteur Antoine était interviewé. On le questionnait à propos de ses îles préférées et à un moment donné il en est venu à parler de la Polynésie qu’il visite depuis plusieurs décennies déjà. Il a ainsi abordé la danse traditionnelle locale et s’est lancé dans une explication pour le moins particulière de ses origines. Ainsi, selon ses sources, les mouvements de bassin des vahine seraient liées à ceux que faisaient les premiers marins lorsqu’ils copulaient avec des autochtones.

Je ne vous raconte même pas la colère qu’il a déclenché chez des gens de culture de chez nous qui l’ont eu bien en travers de la gorge. L’ex-gloire iconoclaste du yéyé de la fin des années 60 venait de commettre l’irréparable, il était tombé dans la facilité mêlant de bonne foi les « on dit » ou autres légendes urbaines, et la fameuse parole d’expert expat aux très légers relents colonialistes.

On ne se fait aucune illusion. On sait très bien que l’image que se fait le métropolitain de base de la Polynésie est totalement tronquée. Je me souviens encore qu’on me demandait si j’habitais dans une maison en paille quand je partais en vacances dans l’hexagone. Ou encore ce jour en 2001 où je présente notre premier Mister Tahiti à Feu le grand styliste Pierre Cardin et que ce dernier s’adresse à Dino Dexter en anglais. Un grand moment.

Bien entendu que c’est triste que nos compatriotes en sachent si peu sur la Polynésie française, toutefois je ne suis pas certain non plus qu’en majorité ils soient au courant que la Guyane n’est pas une île et que la France grâce à elle est voisine frontalière avec le Brésil … Allez dîtes moi la vérité, j’ai appris un truc à certains là non ?

En tout cas j’ai une idée de bouquin à offrir à Antoine, et à conseiller à tous les métros qui voudraient venir nous rendre visite dans nos îles. Ils pourront ainsi le faire sans débarquer avec leurs gros sabots à penser à l’avance tout savoir sur tout, alors qu’en fait pas du tout. C’est un ouvrage titré « Quelque chose de Polynésie française», paru aux éditions Nanika et que l’on doit à la jeune et talentueuse Vaikehu Shan, avec des illustrations de Yiling Changues. C’est une petite mine d’or je vous le dis tel que je le pense, j’ai eu la chance d’en lire quelques pages en avant-première et j’ai hâte de pouvoir découvrir le reste quand il sera vendu ici dans quelques jours. Il est déjà disponible sur les grands sites marchands métropolitains de vente par correspondance. Plus qu’un guide touristique lambda, c’est un passeport intelligent dans sa forme et son fond pour partir à la rencontre d’un pays bien au-delà des clichés.

Sur ce, bonne journée, car c’est l’heure où on va grimper pour cueillir les cocos. Bah oui, à en entendre certains, ici on fait tous ça non ?

Article précedent

La minute de l'entrepreneur 4/06/2021

Article suivant

Doctoriales : 3 jeunes femmes récompensées

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire

PARTAGER

Cette vision naïve et parfois puante de notre Fenua … – Edito 04/06/2021