EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Chloroquine : L’excès de prudence est-il pertinent quand on se dit en guerre ? – Edito 23/03/2020

Dans mon édito du 26 février dernier je vous parlais déjà de la Chloroquine. Cette molécule connue sous le nom commercial de Nivaquine est prescrite en France pour un traitement préventif ou curatif du paludisme depuis 1949. En Chine, à la suite d’essais in vitro, mais pas seulement, dans la lutte contre le covid-19 de premiers résultats s’étaient avérés prometteurs. Ceux-ci ont dans la foulée été confirmés en métropole par le Professeur Raoult qui est le directeur de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection. Pour lui il n’y avait pas photo, à la fois la chloroquine et sa molécule cousine l’hydroxychloroquine donnaient à ce moment-là suffisamment de gages d’efficacité pour être employés comme traitement contre le Covid-19.

Que s’est-il passé ensuite ? Et bien il s’en est pris plein la figure. Le corps médical, les autorités sanitaires, avec un rictus moqueur, appelaient à la plus grande prudence, mettant en avant de potentiels effets secondaires graves dans les traitements à la chloroquine. Qu’il fallait garder son calme, qu’en France des protocoles étaient mis en place pour tester les substances pharmaceutiques, qu’il fallait les respecter et ne pas se jeter sur toutes les pistes fumeuses ou fantaisistes.

Loin de se laisser démonter le Professeur Raoult a mené un test sur un vingtaine de patients.  Pendant six jours, ce dernier leur a injecté une dose de 600mg/jour de Plaquenil. Résultat : en 6 jours 75% des patients étaient débarrassés de toute trace du Covid-19. Pour encore plus d’efficacité on, y adjoint un traitement à l’azithromycine, un antibiotique, afin d’éviter les surinfections bactériennes ». Ces résultats ont été validés et publiés le 16 mars et depuis dans les plus hautes sphères de l’Etat, comme par hasard, on ne le prend plus autant pour un illuminé. Le Ministre de la Sante a annoncé samedi que des tests officiels supplémentaires seraient conduits. En parallèle ces tous derniers jours la Chine confirme qu’elle a traité des patients à la chloroquine avec succès, et le Président Trump a qui l’on a remis des rapports complets très encourageants a décidé que son utilisation allait être autorisée en urgence aux USA. Les laboratoires ont lancé la production de masse.

Attention à nouveau à ne pas céder à une nouvelle théorie du complot en s’imaginant que la France avait tout prévu en plaçant la chloroquine dès janvier sur la liste des substances interdites à la vente. Il s’agit en fait d’un nouveau classement de la molécule prévu de longue date qui n’empêche absolument pas sa prescription mais qui l’encadre davantage.

Pendant combien de temps encore nos autorités vont-elles tortiller du derrière face au seul médicament qui prouve manifestement son efficacité ? Il ne s’agit pas de le prescrire à grande échelle pour tout le monde, mais au moins pour les personnes hospitalisées avant qu’elles n’en soient au stade de la réanimation puis du trépas. On est en guerre à ce qu’il parait alors aux grands maux les grands remèdes, en cette période la prudence ressemble plutôt à une dangereuse poltronnerie bureaucrate. Attention, il faudra rendre des comptes.

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