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Chômage en France: la courbe s'est finalement inversée en 2016

Paris (AFP) – Malgré un mauvais mois de décembre, l’inversion de la courbe du chômage, tant promise par François Hollande, s’est bel et bien concrétisée en 2016, Pôle emploi enregistrant sa première baisse annuelle depuis 2007.

L’année dernière, le nombre de chômeurs a baissé de 107.400 personnes (-3,0%) en métropole, selon les chiffres du ministère du Travail. L’indicateur n’avait plus reculé sur une année civile depuis la crise financière.

« Cette tendance est clairement favorable », se félicite Myriam El Khomri dans un communiqué, la ministre du Travail se réjouissant de cette embellie qui intervient « après huit années consécutives de hausse ».

2016 aura donc été l’année de « l’inversion de la courbe du chômage », mais les résultats sont arrivés « plus tard que je ne les avais prévus », concédait François Hollande lors de ses vœux du Nouvel An, un mois après avoir renoncé à briguer un second mandat. Initialement annoncée pour 2013, la fameuse « inversion » se sera finalement concrétisée trois ans plus tard.

Malgré la récente embellie, le chômage reste un point noir du quinquennat: il reste massif, avec 3,47 millions de personnes sans activité (catégorie A) en métropole et 3,73 millions en France entière, et Pôle emploi a vu affluer 550.300 chômeurs supplémentaires en métropole depuis mai 2012.

« Le chômage reste élevé et c’est mon combat », a déclaré Mme El Khomri mardi lors d’un déplacement dans une entreprise du Val-de-Marne, où elle a été accueillie par une vingtaine de militants CGT protestant contre la loi Travail.

Bien que positive, l’année 2016 est quelque peu ternie par la hausse enregistrée en décembre, qui fait suite à trois mois consécutifs de baisse. Le mois dernier, le chômage a augmenté de 0,8% (+26.100) en métropole et de 0,7% (+25.900) en incluant les outre-mer.

« On est toujours dans une période de reprise, avec des embauches qui se font massivement en CDD. Cet effet yo-yo n’est pas encore fini », commente-t-on au ministère du Travail.

– Restructuration et délocalisation –

La hausse mensuelle concerne aussi bien les « moins de 25 ans » (+0,7%) que les « 50 ans ou plus » (+1,2%). Mais la situation des jeunes reste très bien orientée en 2016 (-8,8%), tandis que celle des seniors continue de se détériorer (+2,2%). La situation de ces derniers se dégrade toutefois nettement moins que les années précédentes. Entre 2008 et 2015, le nombre de chômeurs seniors avait presque triplé (+182%).

Les mauvais chiffres de décembre sont à nuancer par une baisse des contrats précaires. Le nombre d’inscrits en catégories B et C, qui exercent une activité mais continuent de chercher du travail, a baissé de 1,3%, pour s’établir à 2,0 millions en métropole.

Par conséquent, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi, petite activité comprise, s’est stabilisé en décembre, à 5,48 millions en métropole et 5,78 millions en France entière. L’indicateur est aussi stable sur l’ensemble de l’année 2016.

Autre signe encourageant: le chômage de longue durée a reculé de 0,4% en décembre et de 2,4% sur l’année. Fin 2016, 2,41 millions de demandeurs d’emploi étaient inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an.

La baisse du chômage observée en 2016 résulte d’une reprise de l’emploi privé. Le secteur marchand a créé, en net, 178.700 postes sur un an, tandis que les embauches flirtaient fin 2016 avec leur record enregistré en 2011. Et selon l’Insee, l’emploi et le chômage devraient rester bien orientés au premier semestre 2017.

Le marché du travail est pourtant loin de la guérison, au moment où sont annoncés un nouveau plan de restructuration du groupe Vivarte, avec entre 700 et 800 suppressions d’emplois rien qu’à la Halle aux chaussures, et une délocalisation en Pologne de l’usine Whirlpool d’Amiens.

La baisse semble, par ailleurs, avoir été amplifiée par les effets du plan de 500.000 formations supplémentaires pour les demandeurs d’emploi, lancé début 2016 par le gouvernement et reconduit jusqu’à mi-2017.

En entrant en formation, les demandeurs d’emploi ne sont plus considérés comme des chômeurs et passent des catégories A, B et C à la catégorie D, nettement moins commentée. Cette dernière a vu affluer 67.400 personnes supplémentaires (+24,6%) en 2016.

Un panneau promeut le site internet de Pôle Emploi dans une agence de Montpellier, le 27 avril 2016. © AFP

© AFP/Archives PASCAL GUYOT
Un panneau promeut le site internet de Pôle Emploi dans une agence de Montpellier, le 27 avril 2016

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